Alternative plus

Alternative plus

Share

06/05/2026

JEDI MIKRO LIB DARLINE PALE ANKÒ, ÈSKE BEDJINE DJE AL NAN HOT SEAT ETC... 410-676-2100

05/31/2026

Les Classiques

« Le classique ne meurt jamais. » C’était l’une des citations préférées de mon père face à mon refus, en plein milieu des années 80, de porter des souliers à lacets. J’ai surtout compris le sens profond de ce vieil adage à travers la musique.

Les années 70, qui marquent la consécration du compas mini et le déclin du compas big band, ont été l’une des périodes les plus prolifiques de la musique haïtienne sur le plan de la créativité. Cette période, qui coïncide avec le début de l’émancipation de la bande FM dans la radiodiffusion en Haïti, a légué de véritables perles à la postérité.

Permettez-moi d’en citer quelques-unes : In Memoriam, Mabouya (Tabou Combo), Lèlène Chérie (Shoogar Combo), David, Korije, Ansanm Ansanm (DP Express), Naïde, Bouki ak Malice, Mots Créoles (Frères Déjean), Yahvé, Bel Ti Machann, Ozanana, Caroline, Vwazin Françoise (Skah Shah), Racine (Bossa Combo), Pèmanan, Vakans (System Band), Supèstisyon, Ti Jocelyne (Tropicana), Marie Jocelyne, Min Rat La (Coupé Cloué), et j’en passe.

La majorité des grands titres classiques du compas, à mon avis, se situent dans la période allant de 1970 à 1980.

Les années 80, que je qualifie d’âge d’or du compas direct, représentent, selon plus d’un observateur, le plus haut niveau jamais atteint sur le plan qualitatif. Musicalement, tant du côté de l’orchestration que des arrangements, avec un Dernst Emile au sommet de son art, un Alix Jacques particulièrement inspiré avec Cole Cole Band, ainsi que Robert Martino, Claude Marcelin, Loubert Chancy et Gérard Daniel, tous avides de proposer autre chose.

Même au niveau du mixage et de la sonorisation des albums, les progrès étaient évidents. Paradoxalement, c’est aussi au cours de cette décennie que le déclin a commencé. Après 1986, avec la montée en puissance du mouvement appelé « Nouvelle Génération » et surtout l’envahissement du zouk sur le marché local, le compas direct allait recevoir un véritable coup de massue. Mais cela est une autre histoire dont nous parlerons une prochaine fois.

Attardons-nous plutôt sur quelques classiques sortis durant cette période : Adelina, You and I (GM Connection), Christiane (Scorpio Universel), Notre-Dame (Bossa Combo), Noé, Symphonie Inachevée (Cole Cole Band), Temwayaj, 5e Commandement (Septentrional), Memories (Zeklè), Manoucheka (Mini All Stars), Ti Boy (Skandal), Fidel (Zenglen), Timoun Yo (Scorpio), Tante Nini, La Personne (Caribbean Sextet), Nouvelle Génération (Tabou Combo), Mariage d’intérêt et Lajan (Gemini All Stars), entre autres.

Les années 90, selon certains observateurs avertis, particulièrement au début de la décennie, consacrent le déclin du rythme de Nemours Jean-Baptiste avec l’émergence de plusieurs groupes à effectif réduit. Ainsi, la ligne des instruments à vent, communément appelée « section cuivre », n’était plus de mise. Les percussions — batterie, tambour et gong — furent également mises au rancart.

À la tête de cette transformation systématique, que plusieurs qualifiaient de « compas électronique », on retrouvait notamment T-Vice de Robert Martino. Heureusement, à la fin de cette décennie, certains musiciens tels que Fabrice Rouzier, Alan Cavé, Ritchie, Arly Larivière, Jude Jean et Armstrong Jeune ne se sont pas laissés absorber par la médiocrité ambiante et envahissante.

Malgré ce tableau plutôt sombre, quelques titres se sont tout de même distingués et demeurent encore aujourd’hui de véritables délices auditifs. Je cite : Do It Right, Lanmou Pa Konn Dyaspora (BS Production), Lè Nap Fè Lanmou, Ayizan, Danse Ploge (Mizik Mizik), Ti Bato (NY All Stars), You and I (D’zine), Touman, Graduation (K-Dans), Kè m Ap Dechire (Triomeks), Si Bèl (Passion de Montréal), Anba La Tè (Ozone), etc.

Pour la décennie allant de 2000 à 2010, la situation devient plus complexe. La production des artistes laissait souvent à désirer sur le plan de la qualité : orchestrations pauvres, arrangements simplistes, textes peu inspirés. Bref, une production musicale souvent artisanale.

Certes, il y a eu de grands succès comme Dènye Okazyon de Michel Martelly ou La Familia de Djakout. On pourrait également citer plusieurs titres de Nu Look ou de Ritchie. Toutefois, il demeure difficile, à mon humble avis, de parler de grands classiques. Il est peut-être encore trop tôt, car il faut un certain recul pour qualifier avec justesse une œuvre artistique de classique.

En effet, un classique se définit comme un artiste ou une œuvre d’art qui fait autorité dans son domaine et qui devient une référence. La notion de classique se réfère donc à la réception de l’œuvre, à la reconnaissance durable qu’elle obtient au sein de la société qui la reçoit, ainsi qu’à l’importance qu’elle acquiert dans la culture dont elle fait partie.

Je prends néanmoins plaisir à vous soumettre une liste de dix morceaux, choisis dans la période comprise entre 2000 et 2018, qui seront, selon moi, considérés comme des classiques dans 15 ou 20 ans par les générations à venir :

1. Blakawout (Mizik Mizik)
2. Sa Pou m Fè (Mizik Mizik)
3. Destination Finale (Nu Look)
4. Tankou Yon Wa (Mizik Mizik)
5. La Familia (Djakout)
6. Konfesyon (Nu Look)
7. Rezilta (Zenglen)
8. Tande Mizik Sa a (Klass)
9. Pou La Vi (NY All Stars)
10. A Lanvè (Ritchie & Gracia)

J’attends maintenant votre propre liste : quels sont, selon vous, les titres qui feront figure de classiques dans les années à venir ?

Pipo Saint-Louis

05/29/2026

ALO LEXX JEDI MIKRO LIB.. DOSYE K-DILAK AVEK BARBOUCHIE A, K-DILAK REYAJI ETC... DE KISA W TA RENMEN PALE ASWÈ A? 1 410-676-2100

Want your establishment to be the top-listed Arts & Entertainment in Valley Stream?
Click here to claim your Sponsored Listing.

Telephone

Website

Address


Valley Stream, NY