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Le Tawhîd est la plus importante des obligations
Sheikh Sâlih Âli ash-SHeikh (Qu’Allâh le préserve
Le Tawhîd est le plus important car le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam) a commencé par cela dans son appel à l’Islâm. Le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam) a appelé les gens uniquement au Tawhîd pendant de nombreuses années. Sans rendre obligatoire la prière, la Zakât, le jeûne et le Hadj. C’est une situation bien connue, c’est-à-dire, le fait qu’il ait consacré son ordre au Tawhîd en dehors de tout autre. Car il a commencé par ce qui était le plus important.
Comme le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) a dit à Mou’adh lorsqu’il l’a envoyé au Yémen :
« Tu vas certes rencontrer un peuple qui appartient aux Gens du Livre. Commence donc par leur prêcher le témoignage de la foi : Il n’y a pas d’autre divinité qu’Allâh et que je suis l’envoyé d’Allâh » - S’ils acceptent, alors enseigne-leur... » Et dans une autre version : « Commence par leur prêcher en premier l’Unicité d’Allâh – Ta’âla. » [1]
Cela indique que le Tawhîd est plus important que le reste. Il est connu que les cinq prières canoniques n’ont été instituées que dans la nuit du voyage nocturne et de l’ascension [al-Isrâ wal-Mi’râdj], dans la 10ème année de la mission, et que le jeûne du Ramâdhan a été rendu obligatoire dans la deuxième année de l’Hégire, et que l’instauration de la Zakât a été obligatoire dans la 2ème année de l’Hégire, le Pèlerinage a été rendu obligatoire au court de la 7ème année de l’Hégire. Cela indique le fait du re**rd sur ces questions (par rapport au Tawhîd), et celui qui refuse une de ces obligations précitées sans revenir sur son avis, est mécréant selon le consensus des savants. Qu’en est-il alors du fondement des fondements ? Que dire alors sur ce qui a constitué la première des obligations ? Que dire alors sur le commandement sur lequel le Prophète a appelé pendant de nombreuses années à la Mecque ? Est-ce que cela peut-être considéré comme moindre en terme de jugement par rapport au reste ? La réponse est que le Tawhîd constitue la plus grande des obligations selon l’avis unanime des musulmans.
C’est aussi pourquoi les savants rappellent au sujet des actes qui rendent mécréants, au chapitre de l’apostat (dans la jurisprudence), que la première des choses rappelées dans ce qui cause la mécréance de la personne, est ce qui est lié au Tawhîd : que ce soit dans l’Unicité dans l’adoration, ou dans l’Unicité dans la Seigneurie, ou dans l’Unicité dans les Noms et Attributs d’Allâh. Les savants mentionnent cela avant tout le reste. Car le Tawhîd est la plus grande obligation avec laquelle est venu le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam), et pour laquelle les prophètes ont appelé. Il est bien connu encore que les prières canoniques, la Zakât, le jeûne et le Pèlerinage et autres font l’objet de divergence dans les Législations. Ceci dit, les prophètes sont tous unis et unanimes dans le Tawhîd. Ce qui indique qu’il constitue le plus grand droit d’Allâh, et la plus grande obligation parmi les obligations. Ce qui démontre enfin, sa haute position par rapport au reste. [2]
Notes
[1] Rapporté par al-Bukhârî
[2] Charh Kachf uch-Choubouhât du SHeikh Sâlih Âli ash-SHeikh, p.325-326
Source:
Traduction en Français de l'audio de l'héritier des prophètes, le Grand Savant, la montagne en science, le Shaykh, le Douctour ﺷﻴﺦ ﺻﺎﻟﺢ ﺑﻦ ﻓﻮﺯﺍﻥ ﺍﻟﻔﻮﺯﺍﻥ ﺣﻔﻈﻪ ﺍﻟﻠﻪ ﺗﻌﺎﻟﻰ
Qu'est-ce que le Wahhabisme ?!
Question:
«Certains groupes mettent en garde contre le wahhabisme et disent de ne pas lire ou ne pas écouter les paroles des wahhabistes ou des wahhabiyates.
Qu'est-ce que le Wahhabisme ?!»
Réponse :
《Nous ne connaissons pas le Wahhabisme.
Le prêche du Sheikh Muhammad Ibn Abdil-WAHHAB ﺭﺣﻤﻪ ﺍﻟﻠّﻪ ne s'oppose pas à la voie du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Nous ne pouvons pas le nommer Wahhabisme.
Son prêche était le même que celui du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Il appelait à l'Unicité d'Allah (Tawhid) et interdisait le polythéisme (shirk).
Voilà ce à quoi invitait le Sheikh Muhammad Ibn Abdil-WAHHAB ﺭﺣﻤﻪ ﺍﻟﻠﻪ .
Il appelait à l'Unicité d'Allah et interdisait le polythéisme.
Il ordonnait d'adorer Allah, seul sans associé.
Ceci est la voie du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Direz-vous que le Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ était Wahhabiste ?!
Seuls les groupes s'opposant à la voie du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ s'affilient et se nomment par le nom de leurs fondateurs comme les Jahmiya, les Mou'tazila, ou les Soufis...
Les choses innovées sont attribuées à leurs adeptes qui les ont innové.
Mais les choses reposant sur la Sunnah du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ doivent être attribuées au Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ et être nommées ‹‹ Sunnah du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ ››.
Et Sheikh Muhammad Ibn Abdil-WAHHAB ﺭﺣﻤﻪ ﺍﻟﻠﻪ ne s'est pas opposé à la voie du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Eclaircissez-nous ses oppositions à la voie du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ et nous suivrons le Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Nous ne suivons pas le Sheikh Muhammad Ibn Abdil-Wahhab ﺭﺣﻤﻪ ﺍﻟﻠﻪ mais nous suivons la Sunnah.
Nous proclamons et nous attestons suivre la Sunnah du Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Donc si vous nous démontrez que Sheikh Muhammad Ibn Abdil-WAHHAB s'est opposé au Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ sur une chose, sachez que nous suivrons le Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ
Cependant louange à Allah, son prêche et ses livres sont présents, les livres de ses étudiants sont présents et Louange à Allāh nous ne trouvons dans ces livres qu'une invitation à suivre la Sunnah.
Délaissons donc cette parole ainsi que ces surnoms et toutes ces choses qui font fuir les gens de la vérité.
Notre objectif est de suivre la vérité, suivre le Prophète ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭ ﺳﻠﻢ .
Interdire le polythéisme, ordonner d'adorer Allah, seul sans associé, la revivication de la Sunnah et l'anéantissement des innovations.
Ceci est notre voie, ceci est notre prêche.
Si vous voyez en nous une quelconque erreur, montrez-nous là et qu'Allâh vous récompense par un bien pour celà.
Quant au fait de nous donner des surnoms dénués de sens pour faire fuire les gens, ceci est interdit.
Ces gens-là suivent leurs passions.
N'écoute pas ces gens qui appellent à l'égarement.
S'ils te disent wahhabisme, dis leur :
Expliquez-moi qu'est-ce que le Wahhabisme ?
Car s'il s'agit du suivi de la vérité, j'adhèrerai à ce groupe.
Mais s'il s'agit du suivi du faux, je le délaisserai, alors éclaircissez moi !
Les livres de ceux que vous nommez Wahhabites sont présents.
Apportez-les.
Nous allons les lire.
Si nous y trouvons des erreurs, certes nous les délaisserons.
Mais si nous y trouvons la vérité, alors c'est ce que nous recherchons que vous appelez wahhabisme ou autre.
Car ceci est obligatoire pour celui qui recherche la vérité.
Quant à celui qui suit ses passions, nous ne pouvons rien pour lui.
‹‹ Vois tu celui qui prend sa passion pour divinité ?
Et Allāh l'égard sciemment et scelle son ouïe et son coeur et étend un voile sur sa vue. Qui donc peut le guider après Allāh ?
Ne vous rappelez vous donc pas ? ››
(Sourate l'agenouillé n° 45 verset n° 23)
Celui qui recherche la vérité ne trouvera dans les livres du Sheikh Muhammad Ibn Abdil-WAHHAB ﺭﺣﻤﻪ ﺍﻟﻠﻪ que ce qui s'y trouve comme parole de vérité in shā Allāh.
Je ne dis pas qu'il était infaillible.
Il a pu faire des erreurs.
Mais s'il a fait des erreurs, nous délaisserons les erreurs.
Il n'était pas infaillible.
Et il ne nous a pas dit de le suivre en toute chose, au contraire il nous a dit de suivre la vérité.
Quand le savant fait une erreur, nous délaissons son erreur et nous ne suivons que ce qui est juste.
C'est ce qui nous est demandé.》
ﺷﻴﺦ ﺻﺎﻟﺢ ﺑﻦ ﻓﻮﺯﺍﻥ ﺍﻟﻔﻮﺯﺍﻥ ﺣﻔﻈﻪ ﺍﻟﻠﻪ ﺗﻌﺎﻟﻰ
16/10/2020
Dans les cercles de la jeunesse dorée et raffinée de la Mecque, Mus’ab Ibn ‘Umayr - que Dieu soit satisfait de lui - passait pour être la vedette et la coqueluche. Sa présence égayait l’assistance et sa compagnie donnait un plus aux soirées mondaines.
Il est vrai que ce jeune homme avait tous les atouts pour plaire. Issu d’une famille noble et aisée de la Mecque, il avait les faveurs de ses parents qui le gâtaient et cédaient à tous ces caprices. On disait à la Mecque qu’aucun jeune homme n'avait été aussi gâté par ses parents autant que le fût Mus’ab.
Toujours élégant, soigné, parfumé, il ne vivait que pour les soirées mondaines et les rencontres joyeuses où il mettait en valeur son charme. L'insouciance marquait la vie de ce jeune homme qui faisait la fierté de ses parents. Toutes les jeunes filles de la Mecque convoitaient son coeur et aspiraient secrètement à le conquérir. On rapporte que lorsque Mus’ab sortait dans les rues de la Mecque, toutes les jeunes filles des familles nobles de Quraysh se mettaient à leur fenêtre dans l’espoir d'attirer son attention. Chacune d’elle rêvait d’être l’heureuse élue.
Comme tous les habitants de la Mecque, Mus’ab avait entendu parler de Muhammad - que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui - et du message qu’il affirmait recevoir du Ciel. Comme tous les habitants de la Mecque, il connaissait les qualités d’honnêteté et de sincérité par lesquelles se distinguait Muhammad parmi ses concitoyens. Mais plus que cela, les paroles que Muhammad récitait semblaient avoir une grande influence sur l'esprit du jeune Mus’ab qui découvrait pour la première fois combien était vaniteuse et illusoire la vie qu’il avait toujours menée.
Une véritable transformation s’opéra en lui. Il se mit à fréquenter la maison d’Al-Arqam où le Messager de Dieu se réunissait avec ses premiers compagnons en s’imprégnant avidement des paroles que celui-ci prêchait de la part de son Seigneur - qu'Il soit exalté - . Les versets du Coran agissaient sur son âme qui découvrait sa véritable vocation. Elle répondit alors à l’appel émanant de la Vérité éternelle et entra dans la communion des élus.
Mus'ab était devenu un musulman convaincu et un disciple fervent du Prophète. Il ne le quittait plus, s'imprégnant de son comportement moral et spirituel et apprenant de lui la sagesse et les vérités révélées.
L’Envoyé de Dieu avait, de son côté, beaucoup d’estime pour ce jeune homme à la foi si profonde et à la passion si forte, qui avait tout abandonné pour l’amour de Dieu et de Son Messager , supportant toutes les épreuves et acceptant tous les sacrifices.
En effet, la conversion de Mus’ab ne tarda pas à être connue et particulièrement de sa mère, la tendre mais néanmoins terrible Khunnas Bint Mâlik, dont la forte personnalité imposait le respect et la crainte. Autant cette femme aimait son fils et le gâtait, autant elle était capable de le punir et même de le renier. C’est ce qui arriva malheureusement, en dépit des précautions prises par Mus’ab pour garder sa foi secrète.
Un jour, alors qu’il entrait dans la maison d’Al-Arqam, il fut repéré par ‘Uthmân Ibn Talba qui s’empressa de rapporter la nouvelle à sa mère. Celle-ci entra dans une rage f***e et promit de lui faire payer cher son sacrilège s’il ne revenait pas à la religion de ses ancêtres. Elle attendit son retour de pied ferme pour déverser sur lui sa colère. L’âme sereine et le cœur débordant de foi, notre pieux compagnon affronta sa mère et tous les dignitaires de Quraysh en leur récitant les versets du Saint Coran qui mettaient en exergue l’unicité de Dieu et les vérités de l’Au-delà.
La mère de Mus‘ab utilisa en vain tous les moyens de chantage pour le faire revenir sur sa décision. Mais Mus‘ab restait inébranlable. En désespoir de cause, elle l’enferma dans une pièce de la maison et le laissa sans boire et sans manger dans l’espoir qu’il revienne à de meilleurs sentiments vis-à-vis de ses divinités. Mus’ab demeura ainsi jusqu’à l’arrivée du temps de l’émigration en Abyssinie.
Il trompa alors la vigilance de sa mère et de ceux qui le gardaient et rejoignit ses frères dans la foi, en partance pour l’Abyssinie. Il demeura dans cette lointaine contrée, s'adonnant à l’adoration de Dieu jusqu’à ce que le Messager de Dieu le rappela avec ses compagnons. À son retour à la Mecque, il était métamorphosé. Ceux qui le voyaient ne le reconnaissaient plus.
Le jeune homme, élégant et raffiné qu’il était, avait laissé la place à un ascète, vêtu à longueur de journée d’une soutane en haillons, ne se souciant nullement de ce bas monde et de ses plaisirs. Un jour, alors qu’il passait devant le Messager de Dieu et quelques-uns de ses compagnons , ceux-ci le virent et baissèrent les yeux. Des larmes coulèrent de leurs yeux. L’Envoyé de Dieu le regarda avec douceur et compassion, puis dit :
« J'ai vu Mus'ab Ibn ‘Umayr à la Mecque alors qu’il n’avait pas son pareil dans la considération,
abandonné de tous pour son amour pour Dieu et Son Messager »
Sa mère, qui avait espéré un renoncement à sa nouvelle foi, avait fini par désespérer en le voyant déterminé dans sa foi et sa ferveur. Elle le chassa alors, le déshérita et le renia, pensant ainsi que cette terrible punition allait le faire fléchir. Mais c’était peine perdue car notre pieux compagnon venait de découvrir sa raison de vivre. Certes, il continuait à aimer sa mère et, de ce fait, fit tout son possible pour qu’elle aussi soit illuminée par la Lumière de l'islam et ne soit pas du nombre des égarés. Mais hélas, en dépit de ses supplications répétées, celle-ci demeura aveugle devant la Lumière qui s’étalait sous ses yeux. Ils se quittèrent alors et chacun suivit son destin.
Mus’ab venait de quitter l’aisance et le luxe dans lesquels il vivait. La faim et les privations devenaient le lot quotidien dans sa vie. Mais il avait choisi de son plein gré ce mode de vie et trouvé tout son bonheur. Il avait compensé les privations du corps par l’amour de l’âme pour la beauté divine. Sa foi profonde, sa piété sincère et sa sagesse faisaient de lui un des compagnons les plus proches et les plus estimés du Prophète .
Ce dernier l’aimait beaucoup et admirait sa grande ferveur et son engagement total pour sa foi. Bien qu’il était très jeune par rapport à d'autres compagnons plus âgés et plus éprouvés que lui, c’est à lui que l’Envoyé de Dieu confia la mission, ô combien noble, d’être le premier ambassadeur et le précurseur de l’islam à Yathrib.
En effet, après la première rencontre d’Al-’Aqaba entre le Messager de Dieu et les douze délégués de Yathrib, il fut décidé l’envoi d’un émissaire chargé de prêcher et d’enseigner les préceptes de l’islam aux gens de Yathrib. Notre compagnon fut choisi par le Messager de Dieu pour mener à bien cette mission capitale pour l’islam. Quelques mois seulement après son arrivée à Médine, l’islam avait déjà pénétré la majeure partie des foyers, à tel point qu’à la deuxième rencontre d’Al-’Aqaba, un an après, ils étaient 70 doyens des Ansârs à venir faire serment d’allégeance au Messager de Dieu .
C’est dans la demeure du compagnon Assad Ibn Zurâra que Mus’ab s’installa. Avec cet autre illustre chef chez les Ansârs, il parcourait les rues de Médine, rendait visite aux gens, en prêchant la parole de Dieu et en les appelant au Salut. Ses connaissances du Livre de Dieu et des sentences de Son envoyé, ajoutées à sa sagesse et à ses dons d'orateur, firent grande impression sur les habitants de Médine et les subjuguèrent jusqu’aux plus hostiles d’entre eux. C’est ainsi que l’un de ceux-ci, du nom de Usayd Ibn Hudayr, un des maîtres de la tribu des Banû ‘Abd Al-Ashbal, décida de chasser cet intrus venu de la Mecque avec une nouvelle religion pour détourner les gens de Yathrib de leurs croyances ancestrales. Armé de sa lance, le terrible Usayd partit à la recherche de Mus’ab avec la ferme résolution de lui intimer l’ordre de quitter Yathrib et de ne plus y remettre les pieds.
Lorsque les musulmans qui entouraient Mus‘ab virent arriver Usayd, l’air farouche et hostile, ils montrèrent quelques craintes ; notre compagnon les rassura, gardant un air calme et serein, le calme et la sérénité que procurent la foi et la confiance en Dieu. Usayd s’adressa à Mus’ab en des termes qui dénotent une grande hostilité. Il lui dit :
« Pourquoi es-tu venu chez nous, trompant et corrompant les plus faibles d’entre nous ? Va-t-en de notre ville, si tu ne veux pas qu’il t’arrive malheur. »
Et il brandit sa lance en signe de menace. Mais la sérénité de l’ambassadeur du Prophète ne fut nullement affectée par les menaces du terrible Usayd. Il lui répondit imperturbable et le visage souriant :
« Ô frère des arabes ! Assieds-toi d’abord et écoute ce que j’ai à te dire. Si mes paroles te plaisent, tu les acceptes, sinon nous cesserons une fois pour toutes de t’importuner. »
Paroles sages et sensées qui suscitèrent l’accord de Usayd. Il dit à Mus’ab :
« Tu dis vrai. »
Il posa sa lance par terre et prit place parmi l’assistance.
Avant que Mus’ab n’eut terminé son prêche, Usayd était déjà musulman. Les paroles douces et véridiques qui sortaient du coeur de Mus‘ab le subjuguèrent et le marquèrent jusqu’aux tréfonds de l’âme. Il s'exclama
« Quelles sont belles et véridiques ces paroles ! Que faut-il faire pour adhérer à cette religion ? »
On lui répondit :
« Purifie ton corps et tes habits et témoigne qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu
et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu. »
Usayd fit avec une extraordinaire ferveur ce qu’on lui demanda de faire et il revint, mais cette fois-ci le visage souriant et bienveillant, proclamer sa conversion à l’islam. La nouvelle de son adhésion à la foi prêchée par Mus’ab se propagea, telle une traînée de poudre, dans toute la ville. Son exemple inspira d’autres illustres dignitaires de Médine.
Tour à tour, ce furent Sa’d Ibn Mu’âdh puis Sa’d Ibn Ubâda qui vinrent proclamer leur conversion, suivis par de nombreux autres habitants de Yathrib. Quelques mois après, la lumière de l’islam illuminait toute la ville de Yathrib, devenue depuis Médine l’Illuminée.
Et les jours passèrent... L’islam triomphait partout et gagnait les coeurs et les âmes grâce à des hommes de la trempe de Mus’ab Ibn ‘Umayr. Après Badr et la victoire éclatante des musulmans contre les païens quraysh*tes, la bataille de Uhud donna lieu à une autre confrontation entre le bien et le mal, entre la vérité et l’aveuglement.
Ce jour-là, de nombreux compagnons tombèrent martyrs sous les coups des païens. Parmi ces bienheureux, notre saint homme Mus’ab donna un bel exemple de sacrifice pour la foi. Avant le début de la bataille, le Messager de Dieu lui confia l’étendard, en reconnaissance de sa bravoure et de son engagement. Mus’ab, conscient de cette responsabilité, se surpassa ce jour-là en luttant comme un lion, tenant d’une main l’étendard confié par le Messager de Dieu, et de l’autre, son épée qui donnait du fil à retordre.
En effet, lorsque la panique s’empara des musulmans et que certains d’entre eux s’enfuirent, notre compagnon fut de ceux qui restèrent fermes autour du Messager de Dieu , faisant de leur corps un bouclier pour le protéger. Il dut alors subir les assauts acharnés des infidèles qui voulaient arriver jusqu’au Messager de Dieu pour le tuer. Mus'ab reçut un premier coup qui lui trancha la main qui tenait l’étendard. II retint sa douleur et se mit à proclamer à la face de ses ennemis :
« Muhammad n’est qu’un Messager. D’autres messagers sont venus avant lui... »
Il prit l’étendard de l’autre main, mais un autre coup la lui trancha elle aussi. Il tint alors l’emblème avec les moignons de ses bras et le serra contre sa poitrine en répétant les mêmes propos. Un coup de lance l’atteignit et il tomba par terre avec l’étendard. Une fois la bataille terminée, le Messager de Dieu et ses compagnons se mirent à sillonner le champ de bataille à la recherche de leurs martyrs. C’est alors qu’ils virent le corps de Mus’ab étendu sur le sable, les mains tranchées, serrant contre lui l’étendard de l’islam que lui avait confié l'Envoyé de Dieu et qu’il refusait de lâcher même dans la mort. Ils pleurèrent tellement à la vue de ce spectacle émouvant que leurs larmes mouillèrent le corps du martyr.
‘Abd Ar-Rahmân Ibn ‘Awf dira :
« Lorsque nous cherchâmes à ensevelir Mus’ab, nous ne trouvâmes pour lui servir de linceul qu’une courte cape, tellement courte que lorsque nous lui couvrions la tête, ses pieds apparaissaient et vice versa. »
A la fin, le Messager de Dieu leur dira :
« Couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds des plantes de l’idhkhir. »
Ensuite, les yeux pleins de larmes, il regarda avec tendresse son compagnon martyr et lui dit en guise d'adieu : « Je t’ai vu à la Mecque portant les plus beaux habits, la chevelure bien entretenue, et te voilà maintenant enseveli dans une grossière cape, la tête ébouriffée. »
Il ajouta :
« Il y a parmi les croyants des hommes qui ont été fidèles au serment fait à Dieu »
À la fin, il s’adressa à ses compagnons rassemblés autour de lui et leur dit :
« Ô gens ! Rendez-leur visite dans leur tombe et saluez-les. Par celui qui tient mon âme en Sa main, il n’y a pas de musulman qui les salue, jusqu'au jour de la Résurrection, sans qu’ils ne lui rendent son salut. »
Depuis ce jour, le corps béni de notre compagnon repose dans la terre de Ubud,
là où il s’est si bien distingué par son courage, son héroïsme et son sacrifice pour la cause de l’islam.
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