Artisan d’un son à la fois unique et fascinant, le Poly-Rythmo est l’un des plus grands orchestres africains, pour lequel la polyrythmie n’est pas un vain mot. Auteur de centaines d’enregistrements, cet orchestre est l’un des plus prolifiques de tout le continent, au même titre que l’OK Jazz congolais, seul rival possible en nombre de disques publiés. Il faut attendre 2008 pour que le Poly-Rythmo
se reforme véritablement autour de Mélomé Clément, de Gustave Bentho et de Vincent Ahehehinnou, après une interview que avec la journaliste Elodie Maillot, parti à leur recherche au Bénin. Bentho Gustave lui demande de les aider à réaliser leur rêve : jouer un jour en Europe. De 2009 à 2012, l’orchestre sillonne alors le monde, visitant l’Europe, le Japon, le Brésil, l’Amérique du Nord mais aussi une grande partie de l’Afrique. En 2011, l’album « Cotonou Club », produit par la journaliste Elodie Maillot, marque le retour discographique de la formation. Après le décès du chef d’orchestre historique Mélomé Clément en décembre 2012, le chanteur Vincent Ahehehinnou, le bassiste Gustave Bentho et le chanteur Loko Pierre décident de préserver la flamme du Poly-Rythmo. Après un hiatus de quelques mois, ils reprennent les répétitions et commencent à composer de
nouveaux morceaux. Le groupe reprend donc le chemin du studio Satel, l’un des plus légendaires studios du continent africain. Situé sur la route qui mène à Lagos, ce studio a vu défiler certains des plus grands noms de la musique africaine. C’est là où l’histoire du groupe s’est écrite à une époque où le Poly-Rythmo inventait l’afrobeat en même temps que Fela Kuti avec lequel il jouait souvent, que ce soit à Lagos ou à Cotonou. Réalisé par le burkinabè Eliezer Oubda, cet album achevé en Juin 2016, écrit un nouveau chapitre de l’histoire du Poly-Rythmo. Ces dix chansons laissent la part belle aux compositions de Vincent Ahehehinnou, mais aussi à celles de Loko Pierre et de Gustave Bentho, les membres historiques de la formation. Classique afrobeat instantané, Madjafalao (« prends garde ») donne le ton de ce disque généreux. Unis dans le studio comme sur scène, les musiciens du Poly- Rythmo expriment avec éloquence la diversité de leurs talents. Percussions redoutables, cuivres percutants et chœurs exaltés soulignent la voix souple de Vincent Ahehehinnou qui habite cet album riche en passions.