AFPC
"Être chrétien, c’est faire fleurir toutes les fleurs dans la certitude que l’amour aura le dernier mot !"
Père Maurice Zundel.
Peinture Séraphine Louis
« Une bulle d’Espérance »
Voici un billet d’Isabelle de Gaulmyn* qui en réjouira plus d’un(e). Elle y commente la dernière « bulle » du pape François qui, même si celle-ci en aura irrité certains, revient encore sur la vertu d’espérance.
A l’heure où notre monde cultive le catastrophisme, nous enfermant ainsi dans une terrible impuissance, son texte vient orienter nos regards vers ces lieux où se vit « l’alliance sociale » : solidarité avec les personnes en grande fragilité, accueil des migrants, attention aux pauvres, partage de biens communs…
Autant d’occasions qui rejoignent nos aspirations de soignants et en fin de compte correspondent à ce désir de justice placé par notre Créateur au cœur de chacune et chacun.
*publié dans La Croix L’Hebdo des 18 et 18 mai
Avril 2024 : croisé des calendriers Juifs Chrétiens et Musulmans:
« Lutter contre la haine"
Tel était le titre de la conférence de Delphine Horvilleur, écrivaine et femme rabbin, à Notre Dame d’Espérance (Paris 11ème) le dimanche 17 mars 2024.
Delphine Horvilleur a rappelé qu’en ce mois de mars, on note un temps croisé des calendriers chrétien, musulman et juif avec respectivement : le Carême, le Ramadan et Pourim. Ce sont des fêtes qui incitent à l’introspection et apportent un apaisement intérieur.
Chez les juifs, Pourim (référence : Livre d’Esther) se définit comme le carnaval juif, donc une fête joyeuse. Mais à la suite des évènements du 7 octobre 2023, cette fête a perdu sa consonance joyeuse.
L’écrivaine s’est ensuite attachée à montrer l’importance de la parole et des mots. Une parole peut être constructive, ou à l’inverse destructrice. Le 7 octobre 2023, Delphine Horvilleur s’est rendu compte que, non seulement des vies avaient été perdues ou anéanties, mais les mots aussi : depuis, on ne parvient plus à trouver ses mots pour dire ce qui est arrivé. Quand « l’impensable » a eu lieu, c’est comme si le langage se vidait subitement de son sens. « Parler en temps de guerre est une mission presque impossible ».
Le mot « mais » est devenu insupportable. Par exemple : « Israël a fait ceci mais la Palestine a… ». Ce mot empêche de faire survenir l’empathie, l’ouverture à l’autre, qui seule peut conduire vers une réconciliation.
A l’inverse, le mot « et » est celui qui permet le début de la relativisation : il permet d’entendre la douleur des uns et celle des autres et de suivre un chemin vital d’humanité.
Dans les moments de haine, Delphine Horvilleur fait le constat que seule la parole peut sauver : être altéré par une conversation, c’est laisser la possibilité de devenir autre, après cet échange de paroles. Pour les juifs et les musulmans en France, donc loin du conflit, il faut veiller à ne pas attiser les haines, mais au contraire rechercher l’empathie.
Ce n’est malheureusement pas ce que font les réseaux sociaux ; tout au contraire, ils ne font que des dégâts, écrasant les possibilités de discussion.
Deux mots à noter, provenant de l’hébreu. Le mot « messie » qui signifie « oint » mais aussi et plus surprenant pour les chrétiens, est très proche d’un autre mot : « l’art d’engager la conversation », qui serait donc le propre de l’ère messianique.
Et à propos de ND d’Espérance, ce mot « espérance » ou Hatikva se retrouve dans une vieille prière datant du XVe siècle de Juifs séfarades d’Espagne et est devenu le nom de l’hymne israélien. Ce mot a pour racine biblique : une corde qu’on lance dans un puits dans lequel une personne est tombée, pour la secourir.
Pour nous chrétiens n’oublions pas que, plus souvent qu’on le pense, c’est non pas l’enfer mais l’espoir qui vient des autres ! Delphine Horvilleur a conclu ce temps de partage en disant qu’il fallait garder espoir, car tous, nous avons la possibilité de changer le monde.
L’AFPC
Et si on parlait éducation sexuelle ?
Article extrait d’Isabelle de Gaulmyn
La Croix L’Hebdo 9 et 10 mars
1/2 L’avortement a été sur le devant de l’actualité ces derniers jours, du fait de la constitutionnalisation de la liberté d’avorter.
Que l’on soit pour ou contre, on doit cependant s’alarmer d’un phénomène nouveau : le nombre d’IVG non seulement ne diminue pas, mais il augmente, notamment chez les jeunes filles. Qu’elles en arrivent aussi fréquemment à cet extrême est signe que quelque chose a été manqué en matière d’éducation sexuelle. Va-t-on vers une évolution « à la grecque » ? Dans ce pays, le recours à l’avortement est très élevé. Il est utilisé comme – et à la place – de la contraception. Les cliniques voient arriver des femmes de tout âge qui viennent pratiquer une interruption de grossesse, ce qui s’accompagne, selon les études de comparaison européenne, d’une sous-information et d’une grande réticence culturelle pour la contraception. D’où de nombreuses pathologies, dont certaines très dangereuses : on ne subit pas impunément des IVG à répétition…
En France, dans les années 1980, des efforts méritoires avaient été faits pour instaurer l’éducation sexuelle à l’école. Force est de reconnaître que l’on n’y est plus. D’une part, collèges et lycées sont soumis à la pression de certains parents qui, pour des motifs religieux ou culturels, contestent cette éducation. Y compris dans l’enseignement catholique, qui pourtant avait fait preuve d’audace, il y a trente ans, dans le domaine de l’éducation affective. D’autre part, et peut-être surtout, le manque de moyens : plus d’infirmières dans les écoles, absence de gynécologues accessibles pour toutes les jeunes filles sur le territoire, peur, aussi, des enseignants d’aborder des sujets par crainte de réactions violentes de certains élèves.
Où sont les lieux où l’on peut parler de manière raisonnable de la sexualité quand on est jeune ? Où les garçons sont aussi mis face à leurs responsabilités ? Où l’on montre la beauté de la relation amoureuse, et ce que cela implique pour l’un comme l’autre partenaire ?
Le plus grave, c’est que précisément les lieux où ces questions sont exposées mais de manière ni rationnelle, ni éthique, sont, eux, au contraire, devenus plus nombreux. Il est désespérant que nos jeunes, qui n’ont pas d’éducation sexuelle à l’école, aillent sur Internet pour découvrir, via des films po**os auxquels ils ont accès presque sans limite, une forme de sexualité qui est tout sauf responsable… Est-ce cela le modèle que l’on souhaite leur transmettre ? Est-ce une manière de dire aux garçons notamment le respect et la dignité auxquels doit aussi conduire la relation à deux ? Cela est d’autant plus grave que la contraception est aujourd’hui entourée d’un discours quasi complotiste, qui n’est pas sans rappeler celui qui gagne les vaccins : la pilule notamment serait très dangereuse pour les femmes, elle provoquerait des cancers, des morts subites, etc. Discours relayés par de jeunes blogueuses qui surfent sur cette vague, sans aucune formation médicale.
On ne saurait évidemment réduire l’éducation affective et sexuelle à la contraception. Il faut en revanche donner aux jeunes les moyens d’une vraie liberté. Cela passe par une réflexion sur ce qu’être en couple veut dire, ce que cela implique aussi, une capacité à discuter à deux, et pas seulement la femme, sur les conséquences, et sur le type de relations que l’on souhaite. L’amour et la sexualité peuvent être les choses les plus belles du monde, à condition que cela se passe en responsabilité et dans un vrai dialogue. De ce point de vue, le rééquilibrage entre hommes et femmes qui concerne les nouvelles générations, notamment autour de la sexualité,
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est une chance. , c’est peut-être de là que viendra le progrès. Car ce ne sont ni les films po**os, ni la censure craintive qui peuvent permettre d’accéder à la maturité sexuelle. 
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