Pollinis
POLLINIS est une ONG indépendante qui se bat pour la protection des abeilles, des pollinisateurs sauvages, et de la biodiversité dans son ensemble, ainsi que pour une agriculture qui respecte tous les pollinisateurs. Partout dans le monde, les scientifiques alertent : les insectes sont en train de disparaître à un rythme effarant. Au cœur de cette hécatombe, les pollinisateurs, indispensables aux
19/06/2026
Les députés, sénateurs ou eurodéputés issus du milieu agricole sont bien plus aidés que la moyenne de la profession, selon une analyse des subventions versées par la PAC sur dix ans effectuée par Les Décodeurs. Leur activisme pour déréguler le secteur pose la question d’un éventuel conflit d’intérêts. Extraits :
Dix-huit sénateurs (sur 348), 19 députés (sur 577) et trois eurodéputés (sur 81) sont liés à des exploitations agricoles, directement ou par leur famille proche, selon le décompte des Décodeurs. S’ils se montrent plus discrets que Laurent Duplomb, nombre de ces 40 parlementaires et agriculteurs investissent les débats législatifs relatifs à leur corporation.
L’analyse de dix années de subventions versées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) européenne – de 2014 à 2019 puis de 2021 à 2024 – montre que la plupart de ces élus se situent parmi les agriculteurs français les plus aidés.
Or, « une partie de ces aides, notamment celles du premier pilier, dépend directement du nombre d’hectares ou de têtes de bétail d’une exploitation », rappelle Pauline Lécole, enseignante-chercheuse à l’Institut Agro Montpellier et coanimatrice de la cellule de veille CAPeye. Plusieurs élus et agriculteurs sont ainsi liés aux exploitations les plus grandes du pays.
Parmi eux, une majorité d’élus de droite et du centre occupent le haut du classement. En quatrième place, Laurent talonne le centriste Franck Menonville, coauteur de la loi Duplomb et l’un des autres rapporteurs de la loi d’urgence agricole. Le sénateur perçoit 120 000 euros annuels en moyenne au titre de ses deux exploitations céréalières, couvrant 480 hectares entre la Marne et la Meuse. Soit bien davantage que l’exploitation française moyenne : 69 hectares, en 2020.
Seize de ces 40 élus sont ou ont été associés à une exploitation située parmi les 10 % des fermes françaises les mieux dotées en aides de la PAC, au moins une fois entre 2014 et 2024. Loin devant l’agriculteur moyen, que Laurent Duplomb, déjà épinglé par le média Bon Pote, prétend incarner.
Dès lors, ces parlementaires peuvent-ils porter les intérêts de tous les agriculteurs et, a fortiori, l’intérêt général ? Du centre à l’extrême droite, des élus prétendent en chœur avoir identifié la cause commune des maux des agriculteurs : l’inflation des normes administratives et l’« écologie punitive ». Concrètement, ils tentent de peser sur la fabrique de la réglementation agricole.
Les associations environnementales accusent ces législateurs de pousser, une à une, les idées de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), syndicat majoritaire et défenseur d’une agriculture intensive. Certains d’entre eux ne se cachent pas de rédiger des amendements « travaillés avec la FNSEA », comme l’a relevé Reporterre, le média de l'écologie. [...] La situation particulière de ce groupe de législateurs soulève la question d’un éventuel conflit d’intérêts.
Tous les élus agriculteurs du centre, de la droite et de l’extrême droite ont par exemple voté pour la loi Duplomb, à l’exception de Sandrine Le Feur (Renaissance), cultivatrice bio et rapporteuse de ce texte. Moins nombreux, les agriculteurs de gauche sont, en revanche, plutôt alignés pour défendre un autre modèle : agroécologie, partage du foncier agricole, etc.
Découvrez l’article intégral sur Le Monde : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/06/16/ils-sont-agriculteurs-et-parlementaires-sont-ils-representatifs-de-la-profession_6703869_4355770.html
18/06/2026
: Dix mois après la censure de la loi Duplomb 1, les néonicotinoïdes font leur retour au Sénat en commission. Le 17 juin, l’amendement au projet de loi d’urgence agricole reprenant la proposition de loi 2 - visant à réautoriser l’acétamipride et le flupyradifurone, des néonics tueurs d’abeilles - a été adopté. L’objectif des sénateurs LR est de mettre fin à une « surréglementation majeure » en réautorisant l’acétamipride et le flupyradifurone pour quatre cultures.
⚠️ L’acétamipride : faut-il rappeler les dangers ?
Des études démontrent depuis des années ses effets nocifs pour la santé et la biodiversité. Neurotoxique, l’acétamipride agit directement sur le système nerveux central des insectes. Cette substance augmente la mortalité des pollinisateurs en affectant leurs capacités motrices et cognitives. Chez l’humain, l’exposition est associée à des risques accrus de maladies cardiovasculaires et de cancers du foie. La substance est également capable de franchir la barrière du placenta, pour affecter le neurodéveloppement du fœtus.
⚠️ ...et ceux du flupyradifurone ?
Le flupyradifurone réduit considérablement la survie des abeilles domestiques, même à des doses 100 fois inférieures à celles utilisées dans les évaluations des risques européennes. La substance perturbe également leur motricité. Ces effets délétères s’observent également chez les pollinisateurs sauvages : une réduction des capacités de reproduction des solitaires, par exemple, ou l’affaibilissement chez le bourdon des performances d’apprentissage et de mémoire.
👉 Les prochaines étapes
Peu importent les alertes des scientifiques, ou bien les plus de 2 millions de signatures demandant le retrait de la première loi Duplomb. Son adoption en séance le 29 juin étant assurée, l’avenir de cette mesure se jouera d’abord le 16 juillet, en commission mixte paritaire (CMP), qui réunit sept députés et sept sénateurs, puis dans un vote final sur l’ensemble de la loi à l’Assemblée nationale (date à présent inconnue).
Les effets des néonicotinoïdes sont nocifs pour la biodiversité et la santé humaine.
📢 La science est claire. Écoutons-la.
16/06/2026
⚠️ Demain, l’UE s’apprête à ouvrir grand la porte à de , des plantes issues des nouvelles techniques génomiques ( en anglais).
Réductions des pesticides, meilleurs rendements, adaptation des cultures au changement climatique et aux pathogènes… Voilà les avantages vantés par les promoteurs des nouvelles techniques génomiques. 🌎
À la fin des années 1990, les promoteurs des premiers OGM utilisaient déjà ces arguments, parfois presque mot pour mot. 🧬
🌬️ Des promesses en l'air
Depuis l’adoption des OGM aux États-Unis, la dépendance de l’agriculture américaine aux herbicides a explosé. Dans un rapport de 2016, l’Académie des sciences américaine démontre que les exploitants épandent chaque année quelque 136 000 tonnes de glyphosate, soit environ dix fois plus qu’en 1995. 📈
Les OGM n'ont pas rendu l'agriculture moins toxique ou plus « verte ». Ils ont surtout renforcé l'industrialisation des pratiques et la dépendance des exploitations aux firmes semencières et chimiques. 💰
📢 Demain, les eurodéputés pourraient faire entrer les nouveaux OGM sur le marché européen sans évaluation des risques environnementaux ou sanitaires, sans traçabilité et sans étiquetage pour les consommateurs.
🇪🇺 Un vote déterminant pour l'avenir de l'agriculture européenne.
✊ On a 24h pour agir ! Interpellons les eurodéputés : https://petitionogm.agirpourlenvironnement.org/
Dans une chronique (Le Monde), Stéphane Foucart pointe la similarité - parfois jusqu'au mot près - entre les fausses promesses faites pour les premiers OGM par les industriels de l'agrochimie et celles qu'ils font aujourd'hui pour déréglementer les NGT. https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/25/l-industrie-des-ogm-repose-sur-une-economie-singuliere-celle-de-la-promesse-eternellement-renouvelee_6664002_3232.html
15/06/2026
🥵 La santé reproductive des abeilles solitaires est affectée par les fortes chaleurs.
Les osmies rousses, mâles et femelles, voient la qualité des gamètes produites baisser si elles ont été exposées à des températures caniculaires pendant leur développement. Ces abeilles sauvages sont pourtant des pollinisatrices vitales. Le biologiste James Gilbert (University of Hull, Royaume Uni) explique ses recherches :
« Il n’existe pas encore beaucoup d’études sur les effets des vagues de chaleur sur les abeilles. Les rares études disponibles se concentrent sur des conditions météorologiques extrêmes susceptibles de tuer une abeille adulte. Mais de nouvelles recherches que j’ai menées avec des collègues montrent que les populations d’abeilles solitaires pourraient être bien plus sensibles qu’on ne le pensait aux phénomènes comme la vague de chaleur connue par l’Europe fin mai 2026.
Pour comprendre ce qui arrive à ces abeilles par temps chaud, mon équipe a reproduit la vague de chaleur de trois jours qui a frappé le Royaume-Uni en juillet 2022. Nous avons soumis un groupe de larves d’osmies rousses Osmia bicornis à trois jours où les températures atteignaient quotidiennement 40 °C. Parallèlement, un groupe témoin a été exposé aux températures habituelles du mois de juillet à Hull, où l’étude a été menée, avec des pics quotidiens avoisinant les 25 °C.
Par la suite, nous avons traité les deux groupes de la même manière et les avons laissés tisser leurs cocons et hiberner normalement. Neuf mois plus t**d, toutes les abeilles sont sorties en bonne santé : il semblait donc, dans un premier temps, que la vague de chaleur n’avait eu aucun effet. Mais c’était avant que nous n’ayons évalué leur santé reproductive. ⚠️
Chose stupéfiante, chez les mâles du groupe exposé à la vague de chaleur, l’activité des spermatozoïdes avait diminué de moitié par rapport au groupe témoin, et leur nombre avait baissé d’un tiers. Chez les femelles, on a constaté une réduction de 15 % tant de la taille que du nombre d’ovules en développement. En somme : la vague de chaleur avait anéanti la fertilité de ces abeilles, et en particulier chez les mâles.
Ces chiffres sont alarmants, car ils indiquent que les populations d’abeilles solitaires sont bien plus sensibles aux chaleurs extrêmes qu’on ne le pensait jusqu’alors. Il faudra en tenir compte dans l’évaluation des répercussions globales du changement climatique.
Cela signifie qu’une vague de chaleur survenue une année donnée pourrait entraîner une chute spectaculaire du nombre d’abeilles l’année suivante, et donc une pollinisation moins efficace pour des cultures essentielles. Cela rendrait les producteurs de fruits encore plus dépendants des abeilles mellifères pour pallier les déficits de pollinisation. Et ce, alors que les recherches montrent de plus en plus que les abeilles sauvages, dont les services sont gratuits, sont de meilleures pollinisatrices que les abeilles mellifères.
Bien sûr, les vagues de chaleur ne sont pas la seule menace qui pèse sur les abeilles. Elles doivent faire face à toute une série d’autres problèmes : , maladies, carences nutritionnelles et perte d’habitat, pour n’en citer que quelques-uns. »
Article d'origine (en anglais) de The Conversation France : https://theconversation.com/heatwaves-are-destroying-the-sex-lives-of-bees-new-research-283108
Article traduit par RFI : https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20260611-comment-les-vagues-de-chaleur-perturbent-la-vie-sexuelle-des-abeilles
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