Génèse de l’aventure SCRIPTUS
«Faites-moi 750 mots sur le fleurissement de l’avenue Gabriel Péri, 5000 sur la santé pour les vieux dans la ville, 2500 sur Edith Piaf et idem sur Django Reinhardt»…ç’en suffat, STOUP, y’a mire ! Après 15 ans d’écriture au poids pour des mairies et des maisons de disques, des phrases absurdes sont venues hanter mes nuits : « J’ai mal aux mots, c’est un mal sourd que
j’entends bien faire taire », « D’abord, ‘le baiser’, ça devrait prendre un M’ », « Je suis le P de Pétillant et je vous somme de faire cesser le brouhaha des L ! ». Face à ces attaques nocturnes, j’ai rêvé que j’allais à la pharmacie acheter des granules de virgules, du sirop de syntaxe et des comprimés effervescents de conjonction de coordination. Autant dire que mon réveil fut agité de mille et un questionnements sans queue ni tête. Du coup j’ai décidé de reprendre le contrôle de la situation, plus question d’être dirigée par des lettres, à moi le pouvoir ! Fascinée enfant par les dessins de chiffres et lettres de Follon du générique d’Antenne 2, par les enluminures, puis les tags, et n’ayant pas de formation artistique, j‘ai instinctivement dessiné des majuscules. Les lettres étant le plus petit dénominateur commun des mots, c’est par là que j’allais, à la base, les maitriser une fois pour toutes. En poussant ce raisonnement à l’extrême, j’ai créé chaque lettre comme une création unique, pour qu’elle soit fière d’elle. En scannant mes contours, avant la colorisation, je prenais le soin de passer au Karcher les parasites, les pixels égarés, la moindre poussière ou tache ne devant pas être visible. Pour être honnête, mon objectif était d’abord d’en être gratifiée par leur soumission à mon égard. Plus elles seraient contentes de leur sort, et plus elles me laisseraient tranquille. Et c’est ainsi que j’ai dessiné au fil des ans le’ gang’ des Scriptus (en hommage aux Scriptoria, les ateliers d’écriture des moines copistes au Moyen-âge) que je tente de dominer, sans relâchement. M’attabler continuellement à ces satanées lettres m’a effectivement rendue maître de la situation (pour l’instant…), à tel point que les Scriptus ne sont plus pour moi des lettres mais des dessins. Ils peuvent me servir à composer des mots mais là n’est plus leur seule fonction. C’est donc tout aussi naturellement que je les ai détournés pour en faire des mandalas, des totems, des tableaux, des bizarreries, des loufoqueries, des fouloqueries, des zarotèmies, des dalamotomatis, des toutafauquiers, ecetera. Des plus petits aux plus grands, j’ai reproduit les Scriptus à l’infini, sur des supports le plus souvent étrangers au monde de l’écriture. Bref, j’en fais dorénavant ce que je veux, et non plus l’inverse ! Tout ça me fait penser au Facteur Cheval, son Palais Idéal et à son je-ne-sais-pas-pourquoi-mais-c-est-ainsi.
13/04/2017
05/12/2016
Beaucoup d'entre vous me demandent : mais où donc trouver ton ouvrage des SCRIPTUS "à la lettre..." retraçant de façon ludique, loufoque, calligraphique, l'histoire pluri-millénaire de notre Alphabet. Un joli cadeau original pour Noël et pour tous les âges ! . Trois lieux pour l'instant et tous trois dans le 18ème arrondissement de Paris + par correspondance (prix en MP) bien sûr. Lieux de vente :
1. LA PETITE FOURMILIERE : 60 rue Hermel
2. Librairie enfants L'HUMEUR VAGABONDE 43 rue du Poteau
3. Pop-up Store Le Bon Coin 30 rue Montcalm