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Charles Jeantaud né à Limoges, inventeur de la voiture électrique Charles Jeantaud l'ingénieur limougeaud a joué un rôle considérable dans l'histoire de l'automobile. © Jean François JULIEN
S’il reste pour les Limougeauds un illustre inconnu, Charles Jeantaud a joué un rôle important dans l’histoire de l’automobile. Il fut, avec Nicolas Raffard, Gustave Trouvé et Camille Alphonse Faure, l’inventeur du premier véhicule électrique.
Quatre ans après l’invention, par Nikolaus-August Otto, industriel allemand, du moteur à explosion, l’ingénieur limougeaud met au point avec ses amis, dans son atelier situé à deux pas des Champs-Elysées la « Tilbury » à deux places. Au bout de 100 m la voiture prend feu.
Un créateur inspiré
Cette machine dynamo-électrique système Gramme, du nom de l’électricien belge qui a mis au point le générateur électrique, est alimentée par une vingtaine d’éléments Fulmen. Au bout de 100 mètres, la voiture part en fumée. Loin de se décourager, Charles Jeanteaud se remet à l’ouvrage et met ses compétences au service de Mortitz Immisch. Ingénieur et horloger, cet Allemand adapte ses moteurs électriques à une série de voitures. Dans son atelier parisien, Charles Jeantaud met toute son énergie et sa créativité au service de l’automobile.
Des records de vitesse
Le plus célèbre de ses véhicules est le modèle électrique « Duc », première automobile à établir un record de vitesse terrestre avec 63,15 km/h. Cet exploit se déroule le 18 décembre 1898 et le bolide est piloté par le comte Gaston de Chasseloup-Laubat, dans le parc de la ville d’Achères. Cette même année, Jeantaud participe aux courses automobiles organisées par l’Automobile Club de France aux cotés de Jenatzy, son principal rival.
Des prouesses incroyables
Entre 1895 et 1899 ils se livrent à une lutte impressionnante. Le Limougeaud avec une voiture de 36 chevaux établit le record du monde, à une allure moyenne de 70 km/h. Jenatzy réplique avec la « Jamais contente » et dépasse en 1899 les 100 km/h. L’émulation des fabricants est forte en cette fin du XIXe siècle. Mais ils doivent tenir compte de la capacité des batterie. En 2017 le Musée national de l’automobile a rendu un hommage appuyé à ces pionniers visionnaires. Et Charles Jeantaud n’a pas été oublié lors de cette exposition.
Charles Jeantaud a pris le départ en 1895 de la course Paris-Bordeaux-Paris.
Paris-Bordeaux-Paris
Né à Limoges le 24 décembre 1843, ce fils de carrossier débute son activité professionnelle à Paris. Entré à la carrosserie Pillon située aux Champs-Elysées, là où il a réalisé ses premières expériences, il sort dès 1880 sa première auto, la fameuse « Tilbury ». L’un de ses véhicules électriques dispute la course Paris-Bordeaux-Paris de 1895. Il le conduit personnellement sur près de 600 kilomètres, mais il doit abandonner à Orléans. Pas pour une panne de batterie, mais tout simplement à cause d’un problème d’essieu.
Su***de au monoxyde de carbone
En 1898, il participe également, à Paris, à un concours de fiacres automobiles où il engage six véhicules différemment conçus. En milieu d’année, l’une de ses créations était aussi alignée lors du Paris-Amsterdam-Paris, où elle devait abandonner. Inventeur de fiacres, de corbillards électriques, cet inventeur génial ne manque pas d’idées. Mais il n’a pas les moyens de les financer. Un comble. Affecté par une faillite qui met à mal son entreprise, ce passionné met fin à ses jours le 29 novembre 1906 dans son bureau 54 rue de Ponthieu à Paris, en utilisant le monoxyde de carbone de son poêle à charbon dont il a bouché les tuyaux. Il avait 62 ans.
L'épure de Jeantaud a révolutionné l'automobile
Jeantaud est un inventeur inspiré. Il tente d’améliorer les différents systèmes. Il élabore par exemple une épure de direction destinée à combler les lacunes du système Ackerman avec des essieux dits “tournants”.
Il met au point un “parallélogramme de direction” possédant une géométrie particulière. Il permet de braquer les roues d’une manière efficace. Dans une courbe à très basse vitesse, les efforts latéraux sur les pneus sont négligeables et le roulis quasiment nuls. La condition de non-glissement des roues implique que les directrices doivent être braquées d’un angle différent selon qu’il s’agit de roue intérieure ou extérieure.
L’épure de Jeantaud, pour simplifier, précise que le point de centre doit se situer au niveau de l’axe de l’essieu arrière. Bref, sans cette étude, les voitures de tourisme et de compétition auraient eu du mal, sous l’effet de la vitesse à garder leur angle de braquage. Il invente également le changement de vitesse dit de Jeantaud-Level, et un système de suspension.
Jean-François Julien
Le populaire du centre
Salarié et Inventeur
Un salarié de Keolis, qui gère le métro de Rennes, réclame 25,5 millions d'euros à son employeur.
Il a inventé une machine à nettoyer les rails. Son employeur fait le mort. L'occasion de rappeler les droits des inventeurs salariés. C'est le journal Le Parisien qui raconte cette histoire. Celle de Jean-Michel Lerussé.
Il est en guerre contre son ancien employeur, Keolis, qu'il a assigné devant le tribunal de grande instance de Paris. Il lui reproche de l'avoir spolié d'une invention qui a pourtant révolutionné la vie quotidienne des agents chargés du nettoyage des rails du métro de Rennes. Avant, Jean-Michel Lerussé et ses collègues nettoyaient les rails à la main, avec des balais-brosse et du savon, puis ils rinçaient au jet d'eau. Ils ne pouvaient faire que 100 mètres par nuit. Mais chez lui, Jean-Michel a mis au point successivement deux machines, en reproduisant les rails du métro.
Une rampe de pulvérisation automatique, avec des brosses motorisées et un radar.
Les équipes peuvent aujourd'hui nettoyer 900 mètres de rail sans effort. Selon l'avocat de l'inventeur, la société fait également 87% d'économie.
L'employé réclame plus de 25 millions d'euros
Sa société n'a jamais répondu à ses demandes. Pire, elle a divulgué son invention à des concurrents.On se trouve là devant un cas d'invention "hors mission attribuable". C'est-à-dire que Jean-Michel Derussé, agent de nettoyage, n'avait pas pour vocation d'inventer une machine à nettoyer les rails. Cela n'entrait pas dans sa mission. Il n'était pas un ingénieur chargé par son entreprise de faire des recherches. Dans ce cas-là, l'invention appartient au salarié. L'employeur peut quand même en devenir propriétaire. Il a quatre mois pour le faire après que le salarié a déposé son invention à l'INPI, l'institut national de la propriété intellectuelle. Mais s'il le fait, il doit verser au salarié "un juste prix" dont ils ont convenu ensemble. C'est soit une somme forfaitaire, soit une somme proportionnelle au chiffre d'affaires. En aucun cas il peut faire comme si de rien n'était, et encore moins divulguer cette invention à l'extérieur.
Les juges donnent en moyenne entre 50 000 et 600 000 euros à des salariés inventeurs en guerre avec leur patron. Cela, c'est pour la justice. Mais quand un salarié a fait une invention dans le cadre de son travail et que l'entreprise refuse de le reconnaître, la Commission nationale des inventions des salariés, la Cnis, peut être saisie. C'est rapide, simple et gratuit, assure l'Inpi (L'Institut national de la propriété industrielle). Elle peut accorder jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros si l'invention a permis à l'entreprise de faire des affaires.
Source : France info
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