AMAS - Schenone Avocats
CHRONIQUE DU MÉPRIS ORDINAIRE - ACTE 4 - EN ABSURDIE
Rester un papa après la séparation, c’est parfois plus compliqué pour certains. Patrick était marin pécheurs, embarquer pour plusieurs jours au grés des saisons, rester longtemps en mer, ne pas pouvoir être là pour le sport du mercredi, les anniversaires des copines de classes le samedi après midi, devoir louper des week-end parfois, c’est pas simple.
Cela ce complique encore, lorsque l’ex épouse ( avec laquelle, il s’entend tout de même bien ) est dépressive, régulièrement est down, parfois hospitalisée, en pleurs souvent. Faire face à deux petits bouts et leur dire, « … ne vous inquiétez pas, ça ira mieux, elle va aller mieux » et garder le moral.
Sur cette côte déchirée par la mer, à QUIMPER, dans ce cadre baroque et romantique, vivre l’enfer sourd de la dépression d’un proche.
Noël vient, on se réparti les périodes, pour Patrick ce sera après le réveillon, on s’aime assez pour ne pas aggraver le truc et puis Noël, c’est la fête une semaine, non ?
Le soir de Noël, quand les enfants dorment, la mère décide de mettre un terme à ses maux et les quitte tous en un instant, pour aller au ciel aux cotés de ses parents, comme on dira aux deux petits.
Maudite soit la mort.
Vous me direz, pauvres gens, pauvres enfants ? Je vous dirais plutôt, ça c’est la seule chose de bien de cette histoire, cette femme qui souffrait tant, en a terminé avec sa douleur, ses proches pourront se reconstruire et aimer encore. Mais ça, cela aurait été possible sans eux.
Les services sociaux qui suivaient la maman en souffrance, ne trouvent rien de mieux à faire que de placer les deux gamins, pour les sortir de cette épreuve.
Fallait y penser, non ?
Patrick démissionne immédiatement, fait valoir ses droits à la retraite, achète une ravissante petite maison avec un jardin pour recevoir ses enfants et créer un lieu pour renaitre. Mais non, les services ça ne fonctionne pas comme ça, faut évaluer et l’évaluation c’est long, prenons le temps de ne pas se presser dans l’interet des enfants.
Alors Patrick est en colère, devient revendicatif verbalement, par écrit, il publie des posts, appose des panneaux sur son camping car et le place devant le tribunal, il hurle, il implore, il fédère même autour de lui des parents sur les réseaux.
Il ne faut pas tenter de se battre, ils vous écrasent, vous piétinent, vous détruisent. Il vont simplement dire « … ON NE PEUT PAS TRAVAILLER AVEC LE PÈRE … » et vont suspendre les droits de visites. La suppression de droits va enflammer la douleur du papa, qui va redoubler de courriers au juge, aux services, à la presse, au Président. Mais on ne doit pas faire cela, c’est la marque claire du refus de travail avec le service, alors on prolonge encore d’un an.
A l’audience, comme c’est un usage je n’ai eu aucune pièces avant l’audience. Dans ce Tribunal moderne de QUIMPER, je compte me baser en partie sur l’expertise psychiatrique de Patrick, qui lui est favorable. Mais comment dire ? la juge échevellée et en re**rd de deux heures ( j’en ai loupé l’avion de retour ) a perdu le document. Mais comment c’est possible ? Alors elle se lève, elle cherche, elle envoie le greffier en fouilles. J’insiste pour dire que c’est ballot de perdre les pièces, qu’elle aurait ouvert le dossier avant l’audience plutôt que de le découvrir pendant, cela n’aurait pas été plus mal. Mais non, on ne le trouvera pas.
J’indique que je n’aurais pas été opposé non plus, à connaitre le contenu du rapport des services avant l’audience. Qu’en fait, c’est la seule pièce dont on parle, que je ne l’ai pas lu. Le juge non plus d’ailleurs. Il n’a lu que les deux dernières lignes, là ou est écrit « … renouvellement un an, pas de droit de visite pour le père … ». S’il avait lu le rapport, il se serait peut-être intéressé à l’expertise du Psychiatre, l’aurait cherché. Puisque le seul soucis est le conflit du père avec les services dans ce dossier, les enfants et le père eux, ils sont bien ensemble et souffrent de la séparation. Mais non. La prise en compte de la souffrance n’existe pas entre les murs des cabinets de juges pour enfants.
C’est comme ça cette matière, tout est souvent causé dans la vie. Il y a une raison à tout, la justice est également peut-être mauvaise à raison des acteurs qui l’animent.
Patrick c’est lassé, rien n’avance toujours, il voit ses enfants au compte goutte et paye très cher une addition, pour laquelle il s’était opposé au service sociaux de manière franche.
Mais chut ne disons rien, ils sont si puissant, ils vont nous écraser.
Michel Amas
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