Michèle Raulin
08/12/2025
On dit que l’esprit de Noël descend en cette saison sur la Terre. Mais je suis profondément convaincue que chaque être humain, de par la nature particulière de son système nerveux, est investi de cette mission ultime de spiritualiser la matière.
Parce que nous sommes conscients d’exister et conscients d’être conscients, nous avons le pouvoir d’instiller de la conscience dans la matière. La nourriture qui a traversé notre corps s’y est empreinte de la qualité de notre conscience. Même la poussière de notre corps quand nous le rendrons à la Terre, devrait être plus spirituelle que l’ont été les nourritures qui l’ont construit.
Miguel Ruiz parle de la maîtrise de l’intention. L’intention est une puissance créatrice. Est-ce qu’il y a dans mes paroles, dans mes pensées et dans mes actes une intention suffisante d’ensemencer le monde en énergie spirituelle ?
En cette époque de bilans – comptable, santé, carbone … je pense à ma balance énergétique. J’y pense souvent, en fait. En tant qu’être humain, là, pendant cette heure, cette journée, cette année, cette vie, quelles énergies ai-je soutirées au monde, et quelles énergies lui ai-je apportées ?
Je respire, je mange, je me déplace, je consomme. Pour m’abriter, pour me chauffer, pour m’habiller, pour travailler, pour mon hygiène, pour mes loisirs, pour mon plaisir … je puise dans les ressources du monde où je suis née et où je vis. Qu’est-ce que je donne en retour ? A la fin de ma vie aurai-je appauvri ou enrichi la terre qui m’a accueillie ?
Bien avant Lavoisier, un certain Anaxagore de Clazomène (Vème siècle avant notre ère), philosophe grec de son état, formulait déjà que – je résume – tout est transformation. Nous, nous sommes transformation. Nous sommes un creuset alchimique. Dans tout ce que nous touchons, nous avons le pouvoir d’insuffler ces plus hautes énergies magiques que sont la Conscience, la Connaissance et la Compassion.
Nous sommes, chacun d’entre nous, la plus puissante force évolutive de ce monde. Et ça se fait là, ici, maintenant, dans une intention simple menée à la parole et à l’action. Juste comme on peut. Du mieux qu’on peut. Soyons autant que nous sommes, même au solstice de l’hiver, ces distillateurs au quotidien de l’esprit de Noël.
18/04/2025
On oublie trop souvent que les transits des planètes lentes se font par axes, de sorte que le Lion est particulièrement concerné par l’actuelle installation de Pluton dans le Verseau. J’ai déjà rapporté ici l’observation, répétitive ces derniers temps, de patients bousculés dans le sens de leur identité. C’est qu’entre autres choses, ce transit nous invite à nous poser en profondeur la question « qui suis-je » ?
L’artifice des médias étant poussé à son comble, nous nous rendons compte de plus en plus que nous ne pouvons pas nous réduire à notre image. Nous ne sommes ni un nom, ni une profession, ni une ethnie, une religion, une situation familiale, une forme de sexualité … ni même un corps, ni même une histoire. C’est à mon sens un tournant majeur, après un siècle de psychologisation à outrance qui nous a conditionnés à nous considérer comme le produit exclusif de notre enfance, de nos ancêtres voire de nos vies passées. Rien de tout cela ne peut finalement nous définir : nous ne sommes pas le résultat de ce qui nous est arrivé – de ce qui est venu à nous, mais bien plutôt le fruit de ce que nous en avons fait.
Il est en effet facile d’observer que des histoires similaires ne s’accompagnent pas forcément des mêmes aboutissements. L’important est moins de savoir ce qui m’est arrivé, que la légende que je me raconte à ce propos. Or il est là deux écueils diamétralement opposés mais tout aussi toxiques. D’un côté le déni : il ne m’est rien arrivé ; de l’autre l’apitoiement sur soi : je ne suis qu’une pauvre victime. Dans les deux cas on ferme la porte à la réalité de ce que nous sommes vraiment, dans les deux cas on se berce – ou on s’aveugle – d’illusions. Dans les deux cas on se condamne, en condamnant la porte d’accès à notre vrai soi.
En effet nous voyons bien que dans « il m’est arrivé cela » se trouvent finalement trois entités : cela, moi, et le fait que cela est arrivé vers moi. Le « cela » n’est pas moi. Dans la distance entre les deux se trouve l’espace d’une liberté. « Je » peux regarder « cela » d’une manière ou d’une autre, d’ailleurs c’est ce que nous faisons toujours plus ou moins consciemment, nous interprétons. Il se crée ainsi un mouvement retour, « cela » est arrivé à « moi », et maintenant « je » recrée « cela » au travers de ce que « je » « me » raconte à ce propos. En fin de compte, je ne fais qu’être en relation avec mon moi-même.
A cet endroit on atteint ce que valide désormais la connaissance : tout est conscience. Qui suis-je ? Je suis de la conscience qui fais une expérience. Tout cela ne sont que des expériences de conscience, auxquelles je peux choisir, les regardant telles qu’elles sont, de donner tel ou tel impact sur l’image que je veux me donner ou montrer aux autres. Je peux m’identifier dans n’importe quel personnage réactionnel – dépressif, vengeur, victime héroïque, persécuté, pourquoi pas fou ? Le terme est juste, dans tous les cas c’est une aliénation, c’est se prendre pour ce qu’on n’est pas.
Je ne suis que de la conscience qui fais une expérience. Il y a tellement de liberté, tellement de puissance créatrice dans cette expérience-là. La conscience est tout ce qu’il y a. La conscience ne peut pas faire autre chose qu’être consciente d’elle-même. Je suis conscient.e de ce que je suis. Je suis de la conscience qui fais une expérience. Chaque expérience est une facette de tous les possibles. Je suis tous les possibles, si je suis à cet endroit, si je ne me perds pas dans l’expérience et dans l’interprétation de l’expérience, si je reste conscient.e d’être conscience. Nous savons bien que nous sommes transcendants, au-delà de la surface des choses, même au-delà de la mort. N’est-ce pas là, ici et maintenant, notre expérience ultime ?
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