Tarbouche
14/09/2019
L'Ahellil du Gourara est un genre musical et poétique algérien, Ce genre poétique et musical emblématique des Zénètes du Gourara et pratiqué lors de cérémonies collectives. Il est régulièrement exécuté lors de fêtes religieuses et de pèlerinages, mais aussi à l’occasion de réjouissances profanes telles que mariages et foires locales. Étroitement lié au mode de vie des Zénètes et à l’agriculture oasienne, l’Ahellil symbolise la cohésion de la communauté dans un environnement difficile et véhicule les valeurs et l’histoire des Zénètes dans une langue aujourd’hui menacée de disparition.
L’Ahellil du Gourara a été inscrit en 2008 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
À la fois poésie, chant polyphonique, musique et danse, ce genre réunit un joueur de bengri (flûte), un chanteur et un chœur. Ce dernier peut compter une centaine de personnes qui, soudées épaule contre épaule, exécutent un mouvement giratoire autour du soliste et lui donnent la réplique en tapant dans leurs mains. Une séance d’Ahellil comprend une série de chants qui se succèdent dans l’ordre décidé par le musicien ou le chanteur.
Elle suit un schéma immuable : la première partie ouverte à tous, le lemserreh, composée de chants courts et connus de tous, se prolonge jusqu’à une heure avancée de la nuit. La deuxième partie, l’aougrout, est réservée aux plus expérimentés et se poursuit jusqu’à l’aube. Le tra s’achève avec le lever du soleil et ne retient que les meilleurs interprètes. Cette structure tertiaire se retrouve dans l’exécution du chant qui débute par un prélude instrumental, suivi du chœur qui reprend certains vers du poème et s’achève par un murmure du chœur qui va en crescendo pour produire un ensemble harmonieux et puissant.
Cette tradition est menacée dans la mesure où les occasions de l’exécuter sont de moins en moins nombreuses. Ce déclin est lié à la raréfaction des fêtes traditionnelles exigeant de longs préparatifs, à la migration des jeunes vers les villes et à la multiplication des enregistrements d’Ahellil que les gens préfèrent écouter plutôt que de participer à une séance.
Vidéo : facebook.com/Tarbouche.dz/videos/586341545114895/
17/12/2018
Baba Sallem, Karkabou ... Zendji Baba Salem, comme l’a décrit Abdelamadjid Meskoud dans sa célèbre chanson nostalgie El Assima.
Qui ne souvient pas de «Baba Salem» qui sillonnait tout les quartiers populaire, pour animer nos rues et lui donner une touche de gaieté ? Nous gardons tous en mémoire, en effet, ces artistes, font partie de notre culture et de nos traditions ancestrales semant le bonheur et créant une ambiance festive avec des rythmes haletants et des mouvements harmonieusement coordonnés, ont marqué bel et bien notre enfance. Les belles images, en fait, de Baba Salem ne nous quittent jamais et le poids des années n’est pas arrivé à les effacer de notre mémoire.
Ce personnage mystique nous arrive tout droit d’un glorieux passé, appelé familièrement Baba Salem, il passait durant les fêtes religieuses, histoire de pérenniser un ancestral héritage de la Trans-music. Il sillonnait tout les quartiers, pour animer nos rues et leur donner une touche de gaieté. A son passage, portes et fenêtres s’ouvrent, et derrière eux, draine un cortège d’enfants. Généralement, la troupe de Baba Salem était accompagnée d’un veau destiné au sacrifice.
Ces artistes, qui ne pouvaient passer inaperçus dans les quartiers étaient noirs ou métis en tenues mi-sahariennes, mi-modernes, la tête enturbannée, mais aussi une fougue avec laquelle ils battaient le tambour avec « chenekal » (شنقال ) et jouaient la castagnettes. Un événement que personne ne veut rater tant il comporte une charge émotionnelle des traditions d’antan.
Tout danseur est pourvu de castagnettes en fer dont il joue en dansant. Il commence sa danse d’abord lentement, levant lourdement chaque pied, puis le mouvement augmente et la danse devient de plus en plus précipitée, le danseur exécute des petits bonds, suivis de voltes, accentuées par le bruit croissant de tambours et castagnettes. La danse continue jusqu’à ce que le danseur ruisselant de sueur, haletant, s’arrête épuisé.
La danse est accompagnée d’une chanson. C’est un petit chant, toujours la même phrases
Tous les riverains courent au balcon pour les voir et en échange de quelques pièces de baraka. Au fil du temps, Baba Salem s’est évaporé dans la nature...
D'autres sources indique que ce style est originaire du centre de l’Afrique Haoussa, Bambara, Bornou, Congo ou Soudan et rattaché aux folklores algérien et tunisien, appelé le Boussadia (بوسعدية).
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