Acaudi

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24/05/2026

"Sans détour : le vrai problème n’est pas le plan B"

Nous avons lu sur une plate-forme politique que la rupture entre Sonkho et Diomaye releverait de la limite des plans B en Afrique. Erreur!

A travers cette toute petite et insignifiante contribution, nous tenons à en apporter au débat, selon cette analyse si modeste.

Affirmer que la rupture entre les deux hommes révèle les limites du plan B est une grossière erreur!

Un plan B politique, c’est l’élaboration et l’exécution d’un dispositif de gouvernance. Le vrai point de rupture, c’est ailleurs.

La limite n’est pas le plan B. C’est l’absence de règles claires entre les deux têtes de l’exécutif. Un tandem Président Premier ministre issus du même mouvement et en position de co-direction n’a jamais existé au Sénégal. C’est une grande première, en phase expérimentale. Il est donc normal que ça coince puisque le jeu de rôle n’a pas été clarifié dès le départ.

Constat : la crise vient moins du fait que Faye était un remplaçant, que du fait que le PASTEF n’a pas institutionnalisé la répartition des rôles avant d’arriver au pouvoir. C’est une limite d’organisation, pas une limite du principe de substitution.

Sonko victime de ses instincts panafricanistes, Faye allié de l’Occident ?

Là encore, le raccourci est trompeur. Le dépit entre les deux porte aussi sur des arbitrages de gestion. Sonko exige l’accélération des réformes, ce qui paraît simple dans l’opposition. Au pouvoir, il faut gérer la dette, le FMI, les contrats déjà signés, l’armée. Si Faye ralentit, ce n’est pas forcément pour renoncer à la souveraineté. C’est peut-être une autre lecture de la souveraineté : éviter la cessation de paiement.

Réduire donc l’écart à “Sonko patriote contre Faye pro-Occident”, c’est masquer le vrai débat sur la politique économique.

“Grossière erreur tactique” qui fera passer Faye pour un allié de l’Occident ?

Posons la question autrement : comment garder Sonko à Matignon alors qu’il conteste publiquement la ligne du président ? C’est là l’erreur tactique. Un chef d’État qui laisse son Premier ministre le désavouer perd l’autorité. Faye peut aussi parier que l’opinion sénégalaise valorise l’ordre institutionnel plus que la fidélité personnelle. L’histoire politique sénégalaise montre que les électeurs sanctionnent autant l’instabilité que la soumission supposée à l’Occident.

Le cas sénégalais donne-t-il raison à Tidjane Thiam contre le plan B ?

Thiam parlait du plan B en Côte d’Ivoire, dans un contexte électoral et juridique différent. Le cas sénégalais montre autre chose : un plan B peut gagner une élection, mais il doit être suivi d’un pacte de gouvernance écrit. L’échec ne prouve pas que le plan B est mort en Afrique. Il prouve qu’un plan B sans protocole de transition crée une ambiguïté fatale. C’est en cela que l’exemple du Sénégal doit faire école.

En une phrase : ce qui craque le 22 mai 2026, ce n’est pas le plan B. C’est l’illusion qu’on peut gouverner à deux sans clarifier qui tranche. Le problème n’est pas que Faye a été “choisi sur le fil”. C’est que le PASTEF a gagné avec un plan B, mais n’a pas réglé la question du “plan A de gouvernance” une fois au pouvoir.

*Pamphile Kablancan*
Citoyen ivoirien
Penseur libre et libre penseur

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