Moïse Manyong

Moïse Manyong

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06/07/2026

RDC : Une baleine plus importante que 20 vies humaines ? Le voyage de Jean-Pierre Bemba qui scandalise

C’est une situation qui frise l’absurde et qui illustre parfaitement l’inversion des priorités au sommet de l’État. Voir le vice-Premier ministre des Transports se précipiter sur le littoral de Muanda pour constater l’échouage d’une baleine, alors qu’à Ilebo, le naufrage d’une embarcation coûte la vie à au moins vingt de nos compatriotes et laisse des dizaines de familles dans l’angoisse, est un signal dévastateur. Ce contraste saisissant donne la douloureuse impression que la vie humaine est devenue une statistique secondaire, presque dévalorisée face à l’inédit d’un événement naturel.

Sous d'autres cieux, une telle tragédie fluviale aurait immédiatement mobilisé le sommet de l’appareil étatique. Dans des pays qui placent la dignité humaine au centre de leur gouvernance, un naufrage de cette ampleur aurait déclenché une cellule de crise nationale, la suspension des agendas ministériels non urgents pour se rendre au chevet des rescapés, et l'ouverture d'une enquête rigoureuse. En choisissant les côtes de l'Atlantique plutôt que les rives du Kasaï, l'autorité publique commet une grave erreur de symbole qui heurte la conscience collective.

Ce traitement à double vitesse pose une question fondamentale sur la valeur que nos dirigeants accordent à la vie des Congolais. Une baleine échouée mérite une attention environnementale et scientifique, certes, mais elle ne saurait occulter le drame humain d'Ilebo. Il est temps que les priorités politiques se recentrent sur l'essentiel : la protection, la sécurité et la considération dues à chaque citoyen, car aucune curiosité maritime ne vaudra jamais les vies humaines perdues dans l'indifférence.

06/07/2026

Sous d’autres cieux…

Photos from Moïse Manyong's post 05/07/2026

Pourquoi le « Village des Opportunités », censé être la piscine de Bethesda où la jeunesse viendrait puiser des solutions à ses problèmes, est-il à ce point critiqué et perçu comme une simple aventure sans lendemain ?

En tant que jeune, qu’est-ce que tu reproches concrètement à cette initiative et que devrions-nous réellement y trouver pour qu’elle soit efficace ?

Son excellence Grace Emie Kutino et tout le Ministère de la Jeunesse et Éveil Patriotique nous lisent 👇🏽

05/07/2026

« Camp de la Jeunesse » ou nouveau « Partage des chaises » ? Quand les bébés politiciens apprennent à manger le gâteau.

La résurgence de dynamiques politiques sous des labels rafraîchis pose une question fondamentale : la nouveauté s’arrête-t-elle au nom ou s'étend-elle aux pratiques ? En observant la naissance d'initiatives comme le « Camp de la Jeunesse » sur l'échiquier et les réseaux sociaux, la crainte légitime est de voir reproduit le schéma immuable des anciennes alliances de partage du pouvoir de l'Union Sacrée aux multiples coalitions gouvernementales passées qui ont historiquement fini par un simple partage du gâteau étatique.

Si cette nouvelle dynamique s'ajoute aux blocs traditionnels de la majorité, de l'opposition et de la société civile, elle court le risque de n'être qu'un énième instrument de négociation clientéliste. Pour se distinguer, ce camp ne doit pas revendiquer une place à la table pour les individus qui le composent, mais imposer un cahier des charges générationnel axé sur la rupture systémique et le renouvellement réel de la gouvernance.

Les expériences internationales démontrent que l'étiquette de la « jeunesse » ou du « renouvellement » n'est jamais un gage automatique d'intégrité ou de révolution politique. En France, l’avènement d’une génération politique très jeune sous la bannière de la disruption macroniste a souvent abouti à une technocratie déconnectée des réalités populaires, tandis qu'au Sénégal, l’accession récente au pouvoir d'une nouvelle vague portée par Pastef illustre un défi permanent : celui de transformer la ferveur contestataire en une gestion rigoureuse, à l'abri des compromissions avec les élites déchues. De même, les dérives de certains leaders de mouvements de jeunesse en Afrique du Sud (comme les trajectoires issues des ligues de jeunesse de l'ANC) rappellent que lorsque les jeunes calquent leurs ambitions sur le moule de l'ancienne garde, ils finissent par reproduire les mêmes mécanismes de prédation économique et d'alliances opportunistes.

Dès lors, les intérêts pour lesquels cette jeunesse doit lutter se situent aux antipodes des calculs de positionnement ministériel. Est-ce là la politique que Patrice Lumumba, Thomas Sankara ou d’autres figures révolutionnaires ont combattue ? Absolument. Ces leaders n’ont pas lutté pour des quotas d'âge ou des strapontins, mais pour la souveraineté, la dignité et la refonte des structures économiques. Les vrais combats d'un authentique « Camp de la Jeunesse » aujourd'hui ne se trouvent pas dans le partage des institutions, mais dans l'accès à un emploi digne, la transformation locale des ressources, la fin de la corruption systémique et l'autonomie technologique et éducative. Si les jeunes d'aujourd'hui limitent leur horizon à négocier des postes sous couvert de renouvellement, ils ne seront que les héritiers passifs d'une vieille politique qui change de visage sans jamais changer de trajectoire.

05/07/2026

Changement de Constitution : Les politiciens préparent leur retraite, les jeunes sacrifient leur avenir pour un "sucré"

Le débat actuel sur la Constitution en République Démocratique du Congo révèle une faille majeure au sein de notre jeunesse : au lieu de s'approprier cette question cruciale avec la maturité et l’indépendance requises, elle se laisse instrumentaliser par une classe politique vieillissante. Piégés par les faiblesses d'un système éducatif qui a sacrifié l’esprit critique au profit du suivisme, beaucoup de jeunes se limitent à des slogans partisans et émotionnels oscillant entre la peur d'un pouvoir éternel et le spectre d'une menace extérieure. En s'alignant aveuglément derrière les intérêts immédiats des politiciens pour des gains éphémères, cette nouvelle génération oublie qu'elle valide des décisions structurelles qui hypothèquent pourtant son propre avenir.

Pour inverser cette tendance, la jeunesse congolaise doit s'inspirer des modèles d'engagement citoyens observés ailleurs, comme au Chili ou au Sénégal, où les étudiants et jeunes professionnels ont refusé le parrainage des partis traditionnels pour imposer leurs propres agendas. L'élévation du débat en RDC exige la création d'espaces de réflexion totalement neutres et déconnectés du financement politique, permettant d'analyser froidement les textes juridiques plutôt que les ambitions des individus. C'est par la vulgarisation scientifique des enjeux constitutionnels et par l'exigence de transparence que les jeunes pourront enfin opposer des arguments solides aux discours manipulateurs.

En définitive, trancher la question de savoir s'il faut changer ou maintenir la Constitution de 2006 nécessite de peser techniquement les avantages d'une adaptation de nos institutions face aux risques majeurs de déstabilisation démocratique. Les dirigeants actuels quitteront bientôt la scène, mais le texte voté aujourd'hui régira la RDC de demain ; la jeunesse a donc le devoir générationnel de cesser d'être le carburant des ambitions d'autrui pour devenir l'ingénieur de son propre destin.

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