Gabriel Coulombe - Candidat pour le Parti Québécois dans Charlesbourg

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Il a également été chargé de cours et professionnel de recherche à l’Institut québécois des hautes études internationales ainsi qu’au département de science politique de l’Université Laval. Il est titulaire d’une maîtrise en études internationales et d’un baccalauréat intégré en économie et politique de l’Université Laval. Ses séjours d’études au Venezuela, au Pérou, en Angleterre et au Brésil lui

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Nouvelle chronique publiée dans La Presse, dont l’argumentaire repose sur une prémisse erronée, à savoir que l’immigration serait LA solution aux défis posés par le vieillissement de la population. Or, cette croyance résiste mal à l’analyse des données démographiques et économiques.

Plus fondamentalement, réduire l’immigration à un simple levier de croissance ou à une réserve de main-d’œuvre revient à oublier une réalité essentielle : les immigrants ne sont pas de simples variables économiques, mais des êtres humains. Leur accueil implique des responsabilités collectives bien réelles. Comme n’importe qui, ils ont besoin d’un logement abordable, de services publics accessibles, d’un réseau social, d’occasions de s’intégrer et d’un véritable sentiment d’appartenance à la société qui les reçoit. Que nous résidions au Québec depuis quelques mois, quelques années ou depuis plusieurs générations, nous avons tous exactement les mêmes intérêts.

Ironiquement, les défis bien réels qui sont soulevés dans cette chronique sont, à plusieurs égards, la conséquence de « choix irresponsables en matière d’immigration » et qui ont été fait « par calcul politique ». L’autrice a parfaitement raison lorsqu’elle affirme qu’il « est temps que nos dirigeants politiques s’élèvent et posent un regard lucide sur la question démographique ». Mais encore faut-il que cette lucidité s’applique également aux solutions proposées. Or, présenter l’immigration comme la réponse incontournable au vieillissement de la population relève davantage d’un réflexe idéologique ou moral que d’une analyse rigoureuse fondée sur des données probantes.

Les enjeux démographiques sont complexes et méritent mieux que des solutions simplistes à des problèmes qui ne le sont pas. Voici d’ailleurs deux paragraphes tirés de mon essai Entreprendre le pays du Québec et qui abordent cet enjeu spécifique:

« Amoindrir le vieillissement de la population est important pour assurer le dynamisme du marché du travail ainsi que la croissance de la population active. Pourtant, des recherches empiriques font la démonstration que l’immigration se révèle complètement inefficace pour inverser la pyramide des âges ou pour empêcher le déclin du nombre de contribuables ; les chercheurs Robson et Mahboubi en ont fait la démonstration dans une étude publiée en 2018[1]. Avant eux, le professeur Roderic Beaujot[2] et le chercheur Dominique Agossou[3] en sont indépendamment arrivés à la conclusion qu’au Canada, l’immigration n’avait aucun effet tangible sur la structure par âge de la population. Comme l’expliquent Guillaume Marois et Benoît Dubreuil dans un ouvrage publié en 2011 et intitulé Le remède imaginaire : pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec, les résultats de nombreuses recherches quantitatives effectuées par des démographes sont convaincantes et unanimes : l’immigration peut certes faire croître la taille globale d’une population, mais cela ne permet absolument pas d’en contrer le vieillissement[4].

Mais comment une croyance aussi répandue et qui semble à ce point évidente peut-elle être dénuée de tout fondement ? L’arrivée massive d’une main-d’œuvre dans la fleur de l’âge ne devrait-elle pas mathématiquement contribuer à rajeunir la population ? Hélas, cela revient à faire abstraction du phénomène naturel et toujours irréversible que constitue le vieillissement. Et jusqu’à preuve du contraire, les immigrants ont eux aussi cette curieuse habitude qui consiste à vieillir… De plus, il s’avère que les nouveaux arrivants sont souvent accompagnés de parents vieillissants, qui ne sont plus en mesure de participer de façon significative au marché du travail[5]. Dès lors, deux problèmes qu’on ne peut résoudre au moyen de l’immigration demeurent : à court terme, comment limiter les impacts du vieillissement de la population sur le marché du travail, et à plus long terme, comment contrer le vieillissement de la population ? Si l’objectif consiste à préserver le dynamisme du marché du travail en limitant les effets néfastes des départs massifs à la retraite, les experts ont démontré que c’est au moyen de mesures qui facilitent le maintien à l’emploi des travailleurs âgés de 60 ans et plus que les impacts du vieillissement sur la population active sont le plus susceptibles d’être atténués[6]. Si l’on souhaite s’attaquer en amont au problème du vieillissement, les experts sont encore une fois unanimes et catégoriques : le seul et unique moyen de contrer le vieillissement de la population consiste à faire augmenter la fécondité[7]. Enfin, que ce soit au moyen de l’immigration ou d’une hausse de la natalité, une augmentation trop rapide de la taille d’une population n’améliore pas automatiquement le niveau de vie par habitant d’une société si ces changements ne sont pas accompagnés d’une croissance économique proportionnelle. »

[1] Robson, William B. P. et Mahboubi, Parisa. (2018, 13 mars) Inflated Expectations: More Immigrants Can't Solve Canada's Aging Problem on Their Own. C.D. Howe Institute e-brief 274.

[2] Beaujot, Roderic. (2003). Effect of Immigration on the Canadian Population: Replacement Migration?, PSC Discussion Papers Series: Vol. 17: Iss. 3, Article 1. �

[3] Agossou, Dominique. (2002). Effet de l’immigration internationale sur le vieillissement de la population des régions métropolitaines et non métropolitaines du Canada. Cahiers québécois de démographie, Vol. 31, No. 2.

[4] Dubreuil, Benoît et Marois, Guillaume. (2011). Le remède imaginaire : pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec. Boréal, p. 55.

[5] Fortin, Pierre. (2022, 11 août). De combien d’immigrants permanents le Québec a-t-il besoin ? L’actualité.

[6] Fortin, Pierre. (2021, 31 mars). Immigration : le juste milieu entre « trop » et « pas assez ». L’actualité.

[7] Dubreuil, Benoît et Marois, Guillaume. (2011). Le remède imaginaire : pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec. Boréal, p. 62.

06/18/2026

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