Formations DSG

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06/22/2023

Mardi, le Le Journal de Montréal a publié un un article que je ne partagerai pas disant que des élèves aux UK dérangeaient les cours en s'identifiant comme chat, cheval ou dinosaure, et plaçant le personnel scolaire dans une épineuse position pour ne pas être accusé de discrimination.

Ces histoires d'élèves s'identifiant comme des animaux circulent depuis plusieurs années, et il s'agit de fakenews créées par la droite transphobe. (Histoire démentie notamment ici https://www.reuters.com/article/factcheck-furries-school-idUSL1N2YN1O2 et ici https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/litter-box-cat-students-quebec-hoax-1.6832710 )

Honnêtement, c'est indécent de voir que les médias accordent toujours de l'attention à cette fausse-nouvelle alors qu'on parle à peine des lois hyper transphobes qui sont votées aux USA.

À la fin avril, on en était à plus de 500 projets de lois déposés dans plus de 49 États américains. Jusqu'à présent, parmi les lois empêchant l'accès aux jeunes mineur·e·s d'accéder à des soins transaffirmatifs - dans bien des cas en incluant la psychothérapie - il n'y a que celle de l'Arkensas qui a été déboutée en cour, pas plus t**d que cette semaine.

La Floride mène le bal avec ses lois inhumaines :

- l'État peut saisir les enfants se trouvant en Floride - incluant ceux dont les parents ont des ententes de garde à l'extérieur de l'état - s'il y a soupçon que l'enfant «suit un traitement transaffirmatif» incluant la transition sociale ou vit avec une personne trans, mineure ou majeure (fraterie, parents, etc.)

- «Performer» publiquement en personnifiant un autre genre que son genre assigné (incluant les drags, mais également tout adulte trans qui ferait une performance publique de peu importe quoi!) dans un endroit où des mineur·e·s peuvent assister, est considéré comme un «sexual child abuse», et les «sexual child abuses» en Floride sont passibles de la peine capitale, en ne demandant que 8 des juré·e·s en faveur pour être valide plutôt que 12 comme dans les autres types de cas.

- Depuis le 17 mai, les infirmier·ère·s practicien·ne·s ne peuvent plus prescrire de soins transaffirmatifs ou en assurer le suivi, privant plus de 80% des adultes trans de leur accès à leur hormonothérapie.

- Les professionnel·le·s de la santé qui fournissent des soins d'affirmation de genre - à des adultes, parce que c'est illégal désormais pour les mineur·e·s - peuvent être poursuivi jusqu'à 40 ans après. Même chose pour les compagnies d'assurance qui couvriraient des soins transaffirmatifs, mais «seulement» pendant 25 ans...

- Les prestataires de soins et compagnies d'assurances peuvent refuser de traiter des personnes sur la base de leurs convictions personnelles (à l'exception du sexe biologique, de la race, de l'âge et de la religion, qui demeurent des motifs protégés), permettant ainsi aux services ambulanciers, aux pharmacies, aux hôpitaux, aux dentistes, aux opticien·ne·s, aux intervenant·e·s en santé mental, aux cliniques, bref à à peu près tout le monde, de refuser de soigner une personne si elle est trans, ou même homosexuelle, parce que c'est «contre ses valeurs»

- Dans les lieux publics sous juridiction gouvernementale, il faut utiliser les toilettes en fonction de l'assignation de sexe à la naissance. Ainsi, même une personne trans qui aurait obtenu un changement de mention légal doit utiliser les salles de bain associées à ses chromosomes - qui seront dans les moyens utilisés pour prouver qu'une personne a bel et bien sa place dans une salle de bain, en plus, notamment, de l'examen visuel des organes génitaux. En fait, si une personne soupçonne une autre personne d'être dans les toilettes qui ne correspondent pas à ses chromosomes, elle peut demander à un·e employé·e de lui demander de quitter les toilettes, et si la personne visée refuse, des accusations seront portées contre elle, et elle devra prouver son assignation à la naissance pour en être acquittée. Si elle était dans la toilette qui ne correspond pas à ses chromosomes, elle risque 1 an de prison pour la 1ère offense.

- Le fameux «don't say gay» s'étend désormais jusqu'aux high schools. Il est interdit de mentionner l'existence de l'homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité en présence d'une personne mineure, dans un contexte d'enseignement. Ron DeSantis a également rendue illégal l'existence des programmes d'études juives, d'études noires, d'études q***r et d'études féministes dans les universités et collèges floridiens. Les associations étudiantes, fraternités, bourses et comités destinées aux personnes de ces communautés sont également rendues illégales car considérées discriminatoires pour les autres étudiant·e·s. Le gouvernement peut également retirer le poste des professeur·e·s universitaires qui ne répondent pas «aux standards de la profession», moyen à peine voilé de se débarrasser des universitaires qui travaillent en inclusion.

- Il est désormais illégal en Floride de «traiter» quelqu'un de raciste, d'homophobe ou de transphobe. À noter qu'il n'est pas illégal d'utiliser des termes offensants envers ces communautés.

Et tout ça, ce n'est qu'un aperçu... Mais évidemment, on n'en parle pas dans nos médias. On n'en parle tellement pas que j'ai dû avertir un ami trans de 20 ans que c'était une très très très mauvaise idée que sa famille choisisse la Floride comme destination pour ses vacances parce que lui serait à risque, et que sa soeur, mineure, serait à risque parce qu'elle habite avec lui.

Alors de voir que nos médias - bon, je sais, il s'agit du JdM, je n'ai plus de très hautes attentes envers eux - partagent ce type de fakenews sensationnalistes qui va continuer à rendre les communautés trans encore plus marginalisées et encore plus victimes des discours haineux au quotidien, je suis flabbergasté!

La Floride est rendue au 7e stade (sur 10) sur l'échelle des génocides. Personne n'en parle. Et on laisse la même courbe se tracer ici. La plateforme du parti de Maxime Bernier pousse l'interdiction d'utiliser les toilettes publiques pour les personnes trans, le retour de l'autorisation des thérapies de conversion pour les personnes trans, la fin de l'accès aux soins transaffirmatifs également. La nouvelle première ministre élue en Alberta idolâtre Ron DeSantis et veut faire de l'Alberta la Floride du Canada. Une des membres de son cabinet a déjà comparé les jeunes trans à des matières fécales. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick souhaite interdire au personnel scolaire d'utiliser les prénoms et pronoms demandés par un·e jeune sans l'accord de ses parents, alors que les recherches montrent que l'utilisation du prénom et du pronom choisis réduisent drastiquement les risques d'idéation suicidaire. Éric Duhaime, ici, a surfé sur la vague du Tennessee en souhaitant interdire la présence de drag queens en milieu scolaire. Le gouvernement de François Legault finance depuis 2019 un groupe ouvertement transphobe à même les fonds publics. Il a retiré le titre de ministre responsable de la lutte à l'homophobie et à la transphobie et a refusé d'inclure l'intersectionnalité dans la définition du féministe. Il n'a toujours pas réglé la question de la mention de genre X à la RAMQ et à la SAAQ malgré qu'elle est maintenant disponible sur les certificats de naissance depuis 1 an, laissant des centaines de personnes sans document d'identité les représentant.

Que le JdM publie ce texte, c'est tout simplement de l'incitation à la haine!

Assez, c'est assez.

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