Mathias Rakistaba
POURQUOI L'AFRIQUE EST LE FUTUR CHAMP DE BATAILLE ÉCONOMIQUE MONDIAL
Regarde une carte du monde. Pas une carte politique, avec ses frontières colorées. Une carte économique. Une carte des ressources. Une carte des flux.
Ce que tu vas voir va te surprendre.
L'Afrique, ce continent qu'on présente souvent comme ''émergent'', ''en développement'', ''pauvre'', est en réalité le dernier grand réservoir de la planète. Le dernier endroit où il reste des terres arables non exploitées. Le dernier endroit où les ressources minières sont encore largement sous le sol. Le dernier endroit où la jeunesse est abondante, dynamique, en pleine croissance.
Pendant que l'Europe vieillit, que l'Asie se stabilise, que l'Amérique latine stagne, l'Afrique, elle, explose. 2,5 milliards d'habitants en 2050. La plus grande population jeune du monde. Des besoins infinis. Des opportunités colossales.
Et les grandes puissances l'ont bien compris. Elles ne se battent pas pour l'Afrique par idéal. Elles se battent pour l'Afrique par intérêt.
Bienvenue sur le futur champ de bataille économique mondial.
Commençons par remonter le fil de l'histoire pour comprendre où nous sommes.
Pendant des siècles, l'Afrique a été exploitée pour ses ressources. L'esclavage, la colonisation, le pillage. On venait chercher l'or, le diamant, le cuivre, le pétrole, et on repartait sans rien laisser.
Après les indépendances, dans les années 1960, on a cru que les choses allaient changer. Mais non. La mécanique a juste changé de forme. L'exploitation directe est devenue de l'exploitation indirecte. Les compagnies minières ont remplacé les administrateurs coloniaux. Les banques ont remplacé les comptoirs. Les ONG ont parfois remplacé les missionnaires.
Pendant des décennies, l'Afrique a été considérée comme un réservoir. On venait y puiser, on repartait. Point.
Mais aujourd'hui, quelque chose a changé.
Ce qui a changé : la prise de conscience que l'Afrique n'est pas qu'un réservoir, c'est aussi un marché.
2,5 milliards de consommateurs potentiels en 2050. Une classe moyenne qui émerge, même si elle reste fragile. Des besoins immenses en infrastructures, en énergie, en logement, en alimentation, en santé, en éducation, en numérique.
Pour les entreprises du monde entier, l'Afrique n'est plus seulement un endroit où prendre. C'est un endroit où vendre. Un endroit où investir. Un endroit où s'implanter pour les décennies à venir.
Et quand plusieurs puissances mondiales veulent la même chose, ça s'appelle une compétition. Une bataille.
Regardons qui sont les principaux acteurs sur ce champ de bataille.
La Chine. Elle est partout. Routes, ports, chemins de fer, stades, bâtiments administratifs. Elle a compris que l'Afrique était stratégique depuis les années 2000. Elle investit massivement, mais avec une stratégie claire : accès aux ressources, débouchés pour ses entreprises, influence diplomatique.
Aujourd'hui, la Chine est le premier partenaire commercial de l'Afrique. Ses investissements se comptent en centaines de milliards de dollars. Elle forme des ingénieurs, des techniciens, des cadres. Elle construit des infrastructures que personne d'autre ne veut financer.
Mais son modèle a des limites. Dette, qualité des réalisations, acceptation locale, tout ça commence à poser question.
Les États-Unis. Ils arrivent t**d, mais ils arrivent. Avec des stratégies comme l'AGOA (African Growth and Opportunity Act) ou le partenariat pour les infrastructures mondiales. Ils misent sur le secteur privé, sur les technologies, sur la formation. Ils veulent contrer l'influence chinoise et retrouver une place sur le continent.
Mais leur approche est souvent trop politique, trop conditionnée, trop liée à des agendas qui ne sont pas toujours ceux des Africains.
L'Union européenne. Elle est le premier investisseur historique. Elle a des liens anciens, des accords, des réseaux. Elle mise sur le développement durable, sur les normes, sur la formation. Mais elle est parfois perçue comme trop normative, trop exigeante, trop lente.
La Russie. Elle est revenue en force, notamment au Sahel, via des accords militaires, mais aussi économiques. Elle cherche des accès aux ressources minières, à l'énergie, à l'influence géopolitique. Son approche est pragmatique, parfois opaque.
La Turquie, l'Inde, le Brésil, les pays du Golfe. Tous veulent leur part. Tous multiplient les ambassades, les accords, les investissements. L'Afrique est devenue le terrain de jeu de tout le monde.
Derrière chaque route construite, il y a un accès à une ressource. Derrière chaque port modernisé, il y a un corridor commercial à contrôler. Derrière chaque accord, il y a un marché à conquérir.
Les grandes puissances ne viennent pas en Afrique pour faire du développement. Elles viennent pour leurs intérêts. C'est normal. C'est la géopolitique. Mais nous, Africains, devons comprendre ce jeu pour ne pas en être les victimes.
La Chine veut nos minerais pour son industrie. Les États-Unis veulent notre soutien diplomatique contre la Chine. L'Europe veut nos marchés pour ses produits. La Russie veut notre appui à l'ONU.
Chacun tire son épingle du jeu. La question, c'est : où est notre épingle ?
Laisse moi t'amener voir ce que les chiffres disent sur le potentiel africain.
Le continent possède 30 % des réserves mondiales de minerais. 40 % de l'or. 90 % du platine. 60 % du cobalt. Des terres rares essentielles pour les technologies modernes.
Il possède 60 % des terres arables non cultivées de la planète. De quoi nourrir non seulement l'Afrique, mais une bonne partie du monde.
Il possède un potentiel énergétique énorme : solaire, hydroélectrique, éolien.
Il possède une population jeune, dynamique, de plus en plus éduquée.
Tout est là. Tout est prêt. Il ne manque que la conscience collective et la volonté politique pour que cette richesse profite d'abord aux Africains.
Le grand danger c'est de rester spectateur.
Le danger, ce n'est pas que les étrangers viennent investir. Le danger, c'est qu'ils viennent, qu'ils prennent, qu'ils repartent, et que nous restions spectateurs de notre propre développement.
C'est déjà ce qui s'est passé pendant des siècles. L'Afrique a fourni l'or, le diamant, le pétrole, le bois, le cacao, le café, et elle est restée pauvre. Parce que la transformation, la valeur ajoutée, le profit, tout cela se faisait ailleurs.
Aujourd'hui, la mécanique peut se répéter. Sauf si nous décidons d'en être les acteurs.
Voyons ce que nous devons faire pour devenir acteurs.
D'abord, comprendre. Comprendre les règles du jeu. Comprendre qui investit, pourquoi, comment. Comprendre les intérêts de chacun. Comprendre ce que nous pouvons gagner et ce que nous risquons de perdre.
Ensuite, organiser. Organiser nos États, nos économies, nos entreprises. Avoir des politiques claires, des stratégies cohérentes, des priorités définies. Ne pas laisser les autres décider à notre place.
Puis, valoriser. Valoriser nos ressources. Ne plus exporter brut. Transformer localement. Créer de la valeur ajoutée chez nous. Former nos jeunes aux métiers de demain. Investir dans la recherche, l'innovation, la technologie.
Enfin, négocier. Négocier en position de force. Mettre les investisseurs en concurrence. Exiger des transferts de compétences, des emplois locaux, des retombées pour les communautés.
Tout cela est possible. Tout cela se fait ailleurs. Pourquoi pas chez nous ?
La question que je laisse à chacun.
Nous sommes au cœur d'une bataille économique mondiale. Les grandes puissances se disputent nos ressources, nos marchés, notre avenir. Pendant ce temps, nous, Africains, nous regardons souvent passer le train.
Mais le train peut être le nôtre. Nous pouvons être les conducteurs, pas seulement les passagers. Nous pouvons décider de la direction, de la vitesse, des arrêts.
Pour ça, il faut se réveiller. Il faut s'informer. Il faut s'organiser. Il faut agir.
L'Afrique ne sera pas le champ de bataille des autres. L'Afrique doit être le terrain de notre propre victoire.
L'Afrique n'est pas à prendre.
L'Afrique est à construire.
Par nous, pour nous, avec nous.
Les autres viendront, c'est certain.
Mais ce sera à nos conditions.
Parce que le plus grand champ de bataille,
ce n'est pas celui des armes.
C'est celui des idées, des stratégies, des volontés.
Et sur ce champ-là, nous pouvons gagner.
Les formes de pouvoir 10
Le pouvoir fondateur ou ''le père de l'entreprise''
C'est le pouvoir de celui qui a créé. Le fondateur d'une entreprise, le créateur d'un projet, celui qui a lancé l'initiative. Même quand il quitte officiellement la direction, son influence reste souvent très forte.
Parce que l'organisation porte encore sa vision, sa marque, son ADN. C'est comme un père de famille : même quand il ne commande plus, on continue à lui demander son avis.
Beaucoup d'entreprises africaines fonctionnent encore comme ça. Le fondateur est parti, mais son ombre est encore là.
Les formes de pouvoir 7
Le pouvoir de récompense ou ''celui qui peut t'ouvrir des portes''
C'est le pouvoir de donner. Promotions, avantages, opportunités. Celui qui peut t'aider à avancer possède une forme de pouvoir très forte.
C'est le chef qui peut te recommander. C'est le cousin qui a des relations. C'est l'ami qui peut te présenter aux bonnes personnes.
Mais attention, quand ce pouvoir est mal utilisé, il crée le favoritisme, les clans, les luttes internes. Et dans une entreprise, rien n'est plus destructeur qu'un chef qui a ses ''chouchous''.
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