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26/01/2022
Bon e bel grenn Speaker new technology.
Yo pa chè
17/08/2021
Le 10 juillet 1920, " The Nation " publie aux Etats-Unis un article sévère contre l'occupation américaine en Haïti, article intitulé " La conquête d'Haïti " et écrit par Herbert J. Seligman.
Ce dernier a séjourné et enquêté pendant un mois dans le pays et avait été envoyé par le " Harper's Magazine ".
Dans son article, Seligman relate notamment la situation des prisonniers haïtiens :
" ... A ceux qui étaient arrêtés, on donnait "la permission de s'échapper" et alors on les abattait sous prétexte qu'ils avaient essayé de s'enfuir.
J'ai vu des visages et des têtes de prisonniers défigurés par les coups qui leur avaient été administrés, et j'ai entendu des officiers causer de ces bastonnades.
Il y avait aussi une forme de torture appelée "ceps" (lien ou espèce de chaîne tenant fermement les pieds, un supplice dans l'ancienne armée) dans laquelle le pied de la victime est placé entre deux fusils, disposés en étau, et la pression sur le tibia est progressivement augmentée jusqu'à ce que le supplice force la victime à parler.
Je sais que des hommes et des femmes ont été pendus par le cou jusqu'à ce que l'étranglement les contraigne à fournir l'information attendue... "
Les révélations de l'article du journaliste américain vont alerter l'opinion aux Etats-Unis. D'abord celle des libéraux américains ; ensuite et surtout celle des Noirs.
Après les étés sanglants de 1915 et 1919 (le dernier s'étant soldé par 75 lynchages et 27 émeutes raciales), ils ont été forcément sensibilisés à l'égard de la question Noire hors de leurs frontières.
Signalons qu'en Haïti, le 19 février 1920, le pasteur Auguste Albert, président de la Ligue du Bien Public, adressa une lettre aux Secrétaires d'Etat à la Justice et de l'Intérieur du pays pour "solliciter une enquête immédiate sur l'administration des prisons depuis l'occupation américaine jusqu'à ce jour, mais en suppliant les pouvoirs publics d'y apporter les pressantes améliorations qu'impose le régime de toutes ces bastilles, lieux de torture et d'extermination, qui sont venus remplacer l'œuvre infernale de la corvée".
Dans sa lettre, le pasteur Albert relate :
" A Chabert, la moyenne des années 1918, 1919 et les premiers mois de 1920 aura été constamment de cinq décès par jour, soit un total de 5475 prisonniers morts à Chabert.
On sait qu'à Port-au-Prince et aux Gonaïves, la mortalité dans les prisons n'est pas moins intense.
Au Cap Haïtien, en 1919, on jetait dans les fosses jusqu'à huit cadavres par jour.
Le nombre de décès pour la prison du Cap Haïtien pour les trois années est de plus de quatre mille... "
Sources : Société Haïtienne d'Histoire, de Géographie et de Géologie et Roger Gaillard.
Photo : Prisonniers haïtiens en 1920 à Lascahobas dans le Département du Centre pendant l'occupation américaine du pays.
Cette photo provient des archives d'Herbert J. Seligman qui a séjourné et enquêté en Haïti en 1920.
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