Silence

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Un espace pour ralentir, respirer et se reconnecter à l’essentiel.
Éveiller notre conscience et cultiver une connexion profonde à soi, au vivant et au sacré.
🤫🌿

20/03/2026

Il y a des mois, j’ai disparu.
Pas pour un voyage ni une formation. Une dépression sévère m’a frappée sans prévenir, comme un tsunami.

Moi qui pensais être au sommet de mon bonheur. Ma famille, mon travail, notre vie en nature. Et la plus belle des nouvelles : une âme qui a décidé de s’incarner et rejoindre notre famille. Cette grossesse tant désirée, reçue avec une immense joie.

Mais la tempête hormonale en a décidé autrement.
Un rideau noir opaque a recouvert ma vie. Plus d’énergie. Plus de goût. Plus d’envie. J’étais là sans être là.
Je suis devenue l’ombre de moi-même, enfermée dans un labyrinthe sans lumière.
Ma foi a été ébranlée, mes certitudes ont explosé en vol, mes guides étaient tous en panne de réseau. Et la magie. Quelle magie ??

Pendant des mois, une tempête neurochimique me ravageait en même temps qu’une succession de dépressions atlantiques ravageait le Portugal. Le dedans et le dehors en miroir.

On parle parfois d’agonie de l’ego, cette dissolution douloureuse de ce qu’on croyait être. Je crois que j’ai traversé ça.
Un jour, je me suis regardée dans le miroir. J’ai cherché au fond de mes yeux cette part vulnérable, en dessous de tous les masques. Et j’ai fini par y trouver de la compassion sincère, un amour qui subsiste même quand on est au plus bas. Quelque chose s’est enfin ouvert.
La vie s’est réveillée en moi, petit à petit. Comme une rivière qui reprend son cours. Pas comme avant. Autrement.
La dépression comme passage. Comme mort symbolique avant renaissance.

Personne n’est immunisé contre la chute. Ni les thérapeutes, ni les facilitateurs, ni ceux qu’on place sur un piédestal. Il est sain, même nécessaire, d’humaniser ceux qui guident.
« We all will fall », m’a dit ma psy. Tomber n’est pas une faiblesse. C’est être vrai. C’est être humain.
C’est le printemps. Le renouveau. Pour moi cette année, c’est littéral.
Je reviens. Différente. Plus vraie. 🌿

26/11/2025

Grâce à l’IFS (Internal Family Systems), je réalise à quel point certaines voix dans ma tête ne sont pas “moi”, mais des parties qui tentent de me protéger.

Le Rouleau Compresseur en est une.
C’est la partie qui s’active dès que je fais une pause : elle me presse, me pousse, me rappelle tout ce qu’il reste à faire.
Pour elle, ralentir veut dire risquer d’être inutile ou inadéquate. Elle croit vraiment me protéger.

L’IFS m’aide à reconnaître ces voix au moment où elles prennent toute la place, et à revenir au Self : un espace plus calme, plus clair, où je peux sentir ce qui est juste pour moi.

08/09/2025

Je sais que cette photo ne va pas plaire à Instagram, ça va pas « liker ». Pas assez lisse. Pas assez parfaite. Des vitres sales, des traces, la lumière brouillée. Et pourtant, c’est la vraie vie.

Mon rêve s’est réalisé : quitter la ville pour la nature. Il y a quelques jours, nous avons déménagé, près de l’océan, entourés de vert et de bleu à perte de vue. Mais entre nous et ce paradis, il y a ces vitres qu’on n’arrive pas à nettoyer.

Au fond, je sais que ces vitres sales sont un cadeau. Que mon irritation est une source d’enseignement. Mais je n’arrive pas toujours à réagir depuis cet espace-là.

Les traditions disent que la conscience est comme un diamant : un joyau aux multiples facettes qui, une fois nettoyées, révèle la lumière. La clarté est déjà là, mais recouvert de voiles. Et ces couches, je les reconnais en moi : résistance, besoin de contrôle, perfectionnisme, impatience. Comme les traces sur la vitre, elles ne changent pas la vue elle-même — mais m’empêchent de la voir pleinement.

Alors, que faire ? Je pourrais me raidir, vouloir que rien ne dépasse, que tout soit comme prévu. Mais la vie ne suit pas mes plans. Elle m’invite à autre chose : une danse avec ce qui est. Avec la poussière et la lumière, la vue splendide et les vitres sales.

Peut-être qu’évoluer, c’est ça : moins vouloir contrôler la chorégraphie, et entrer dans le flow, avec grâce et maladresse à la fois.

La vie n’est pas seulement douce, ni seulement amère. C’est le mélange qui lui donne sa profondeur. En cuisine, on appelle ça Umami : ce goût venu du Japon, ni salé, ni sucré, ni acide, ni amer. Quelque chose entre tout ça, qui crée une saveur complexe et unique.

Umami, dans la vraie vie, c’est l’enchantement et la banalité. La gratitude et les descentes abruptes. Un couple qui se marre et qui se clashe. Des angoisses au paradis. Un enfant qui te fait fondre et qui te rend chèvre.

Et vous, quelles saveurs amères la vie vous sert-elle en ce moment ? Celles qui irritent, qui font enrager, qui rendent triste — et qui, peut-être, composent déjà l’Umami de votre évolution ?

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