L'Uro-Logique

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L'urologie est une spécialité médico-chirurgicale qui traite les maladies de l'appareil urinaire masculin et féminin et de l'appareil génital masculin. Son objectif est de veiller sur :
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Le confort mictionnel. Le but de cet espace est, d'une part de mettre à la disposition des étudiants ou des praticiens les connaissances utiles à la résolution des problè

18/08/2022

Irradiation pelvienne plus hormonothérapie courte : le standard qui se dessine comme traitement de rattrapage en cas de récidive biologique après prostatectomie radicale ?

Etude de phase III (SSPORT) montrant le bénéfice de l’irradiation des aires ganglionnaires et d’une hormonothérapie courte, associées à l’irradiation de loge prostatique en cas de récidive biologique après prostatectomie radicale.

L’étude de phase III SSPORT a randomisé un total de 1792 patients ayant une récidive biologique après prostatectomie radicale (PSA immédiatement détectable ou récidive biologique avec PSA entre 0,1 et 2 ng/ml), entre 3 bras : irradiation de loge de prostatectomie (de 64,8 à 70,2 Gy) (RT loge seule), irradiation de loge de prostatectomie et hormonothérapie courte (pendant 4 à 6 mois et démarrée 2 mois avant la RT) (RT loge + HT courte), ou irradiation de loge de prostatectomie et des aires ganglionnaires pelviennes (45 Gy) associée à une hormonothérapie courte (RT loge + GG + HT courte). Le suivi médian était de 8,2 ans. Le taux de survie sans progression à 5 ans était significativement plus élevé dans le bras RT loge + GG + HT courte (87%), par rapport aux bras RT loge seule (71%) et au bras RT loge + HT courte (81%). Le risque métastatique était significativement le plus faible dans le bras RT loge + GG + HT courte. A noter que le bénéfice du bras intensifié était démontré, même en cas de PSA bas à la récidive biologique (et non pas seulement en cas de PSA élevé).

Le bras RT loge + GG + HT courte présentait cependant une toxicité hématologique (grade ≥ 2) significativement légèrement plus élevée (4%) du fait de l’irradiation ganglionnaire. La principale limitation de l’étude est l’absence d’imagerie TEP au moment de la récidive.

Cette étude, avec un niveau de preuve élevé, est donc en faveur d’un traitement de rattrapage après prostatectomie radicale avec PSA détectable ou récidive biologique (quel que soit le PSA) comprenant : une irradiation de loge de prostatectomie et des aires ganglionnaires pelviennes associée à une hormonothérapie courte.

Sources
The addition of androgen deprivation therapy and pelvic lymph node treatment to prostate bed salvage radiotherapy (NRG Oncology/RTOG 0534 SPPORT): an international, multicentre, randomised phase 3 trial.
Pollack A. et al.
Lancet . 2022 May 14;399(10338):1886-1901. doi: 10.1016/S0140-6736(21)01790-6.

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29/01/2022

Effet protecteur inégal du finastéride contre le cancer de la vessie

Le cancer de la vessie (KV) est moins fréquent chez les Noirs que chez les Blancs, mais son pronostic est plus sombre pour les premiers, ce qui peut s’expliquer en partie par une consultation plus tardive.

Plusieurs études ont démontré une association entre la signalisation des récepteurs aux androgènes et le développement du KV. On en a déduit et démontré que les anti-androgènes (AA) tels que les inhibiteurs de la 5-α réductase, c’est-à-dire le finastéride (FST) et le dutastéride, proposés comme traitement médical des symptômes liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), mais aussi d’autres AA réduisent l’incidence et les récidives du KV. Un essai de Morales et al. en 2016 avait montré une réduction conséquente Hazard Ratio = 0,63) de l’incidence des KV dans une étude prospective mais la trop grande proportion d’hommes blancs ou jaunes a conduit les auteurs américains à vérifier l’universalité de ces conclusions.

Ils ont repris les dossiers des HBP traitées par FST dans leur centre entre 2000 et 2016 et ont ensuite recherché les diagnostics de KV posés chez ces patients (en excluant évidemment les KV antérieurs au traitement).
Les Noirs ne semblent pas concernés
La cohorte comportait 5 698 HBP traitées par FST, ce traitement étant beaucoup plus utilisé en 2016 qu’en 2000. Les malades sous FST avaient un âge moyen de 70 vs 66 ans pour ceux qui n’en avaient pas reçu. Le délai entre la pose du diagnostic d’HBP et celui de KV a été plus long d’un an dans le groupe FST (6 vs 5 ans) que dans le groupe témoin (NFST). Il y avait davantage de Blancs et d’Hispaniques (30 et 18 %) dans le 1er que dans le second (27 et 14 %) groupe. En revanche, il y avait la même proportion de fumeurs et de Noirs dans les deux groupes.

La survenue d’un KV a été constatée chez 3,1 % des Blancs et 1,5 % des Hispaniques du groupe NFST vs seulement 2,1 et 0,8 % des patients sous FST. Chez les Noirs, les taux sont très voisins dans les 2 groupes (1,7 vs 1,5 %), soit quand même deux fois moins que chez les Blancs. Ainsi, le FST semble protéger les Blancs et les Hispaniques contre l’apparition d’un KV et être sans effet de ce point de vue chez les Noirs. De plus, pour les malades pour lesquels on a pu disposer de l’anatomopathologie, la prise de FST a été associée à des tumeurs moins invasives (pas d’atteinte de la musculeuse) et de grade moins élevé.

Ainsi, le rôle protecteur du finastéride contre le cancer de vessie ne semble-t-il pas concerner la population afro-américaine.

Dr Jean-Fred Warlin

RÉFÉRENCE
Zhu D et coll. : Finasteride use and risk of bladder cancer in a multiethnic population. J Urol., 2021;206:15-21.

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