Moko Punchlines

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17/12/2025

QUAND NOS REGARDS SE SONT CROISÉS.

Épisode 14 : Ce que l’amour laisse derrière lui

La nuit nous enveloppait doucement,
comme si le monde avait compris
qu’il devait parler à voix basse.
Les lampadaires dessinaient sur le sol
des halos fragiles,
et chacun semblait contenir
un fragment de notre histoire.

Nous avons continué à marcher,
sans urgence,
sans destination précise.
Quand l’amour cesse de courir,
chaque pas devient un choix libre.

Tu sais, dit-elle enfin,
j’ai longtemps cru que je devais mériter l’amour.
Être plus forte.
Plus patiente.
Plus silencieuse.
Mais aujourd’hui…
elle marqua une pause,
comme si elle goûtait ses propres mots,
aujourd’hui, je comprends que l’amour
n’est pas une récompense.
C’est une rencontre.

Je me suis arrêté.
Je l’ai regardée longuement.
Pas comme on regarde quelqu’un qu’on désire,
mais comme on regarde quelqu’un
qu’on reconnaît.

Et moi, répondis-je,
j’ai compris que je n’avais pas besoin
de sauver qui que ce soit
pour aimer.
Que l’amour n’est pas une preuve à fournir,
mais une présence à offrir.

Elle sourit.
Un sourire plein,
libre,
sans ombre derrière lui.

Nous nous sommes assis une dernière fois
à notre endroit.
Le banc, témoin silencieux,
avait vu naître nos hésitations,
nos silences,
nos tremblements.
Ce soir-là,
il nous voyait simplement être.

Elle posa sa tête contre mon épaule.
Son souffle était calme.
Paisible.
Comme si son cœur
avait enfin trouvé son rythme.

Peu importe ce que demain nous demandera,
dit-elle doucement, je sais maintenant que je peux avancer
sans me perdre.
Et si un jour nos chemins se séparent…
elle leva les yeux vers moi,
sans tristesse, je saurai que cet amour
m’aura rendue plus vraie,
pas plus petite.

Ces mots-là
étaient la plus belle promesse possible.
Pas celle de durer à tout prix,
mais celle de ne jamais regretter.

Je pris sa main.
Elle se serra naturellement contre la mienne,
comme si nos doigts avaient appris
leur langage secret.

Et dans ce silence habité,
je compris que la fin n’était pas
un adieu.
C’était un seuil.

Certaines histoires s’achèvent
quand les personnages se quittent.
La nôtre s’achevait
parce que nous n’avions plus rien à fuir.

La nuit continua de descendre.
La ville respira.
Et nous,
nous restâmes là encore un moment,
deux âmes apaisées,
sachant que l’amour,
le vrai,
ne fait pas de bruit en partant.

Il laisse juste
une lumière douce
qui continue d’éclairer
même quand on a cessé de marcher.

Fin.

Assumani Mukendi Abdoul

12/12/2025

QUAND NOS REGARDS SE SONT CROISÉS

Épisode 6 : Le cœur mis à nu

Ils s’éloignaient, leurs silhouettes se découpant dans la lumière du matin
comme deux souvenirs qui refusent de s’effacer l’un devant l’autre.
Je restais là, immobile,
le souffle suspendu à ce fil invisible qui me reliait encore à elle.

La ville semblait retenir sa respiration.
Même le vent avançait plus doucement,
comme pour ne pas troubler la gravité de ce qui allait se dire entre eux.

Je les voyais parler à distance,
leurs gestes, leurs silences,
ces éclats muets qui trahissent les émotions qu’on tente de cacher.
Samuel marchait de gauche à droite,
prisonnier d’une impatience qui brûlait sous sa peau.
Elle, elle restait droite, calme, mais blessée —
comme quelqu’un qui porte un poids qu’on ne voit pas.

Après un long moment,
ils revinrent vers moi.

Samuel était le premier.
Son regard ne fuyait pas,
mais quelque chose en lui s’était fissuré,
comme si la vérité venait de lui enlever un toit qu’il croyait solide.

Je veux te parler, dit-il.
Sa voix n’était ni hostile ni douce :
elle était nue, simplement.

Elle s’arrêta un peu plus loin,
comme si elle voulait me laisser entendre,
mais pas intervenir.

Samuel se planta devant moi.
Son ombre tombait sur mes chaussures,
froide comme un aveu.

Je tiens à elle depuis des années, murmura-t-il.
Tu arrives… et elle change.
Ses yeux brillaient d’une fatigue qui venait de loin.
Tu sais ce que ça fait de voir la personne que tu aimes glisser vers quelqu’un d’autre ?

Je sentis une pointe de douleur,
pas pour lui,
mais pour cette situation où chaque cœur finit par perdre un morceau de lui-même.

Je ne veux rien lui prendre, répondis-je doucement.
Je suis juste… là.
C’est elle qui choisit.

Il serra les dents,
comme si mes mots confirmaient ce qu’il redoutait le plus.

Et si elle choisit mal ?
Cette phrase ne venait pas de la colère,
mais d’une peur profonde, tremblante, sincère.

Je pris une inspiration légère,
laissant le silence porter ma réponse.

Les cœurs ne se trompent que quand on les force.

Il voulut répondre…
puis baissa les yeux,
vaincu par une vérité qu’il ne pouvait pas contredire.

Elle nous regardait,
immobile,
les mains serrées l’une contre l’autre,
comme si elle craignait que l’un de nous deux se brise.

Elle s’avança,
se planta entre nous,
et sa voix, douce mais ferme,
tomba comme une sentence qui cherche enfin sa liberté :

Je ne veux plus qu’on se déchire autour de moi.
Je déciderai.
À ma façon.
Sans pression.
Sans peur.

Puis elle posa sa main sur mon bras un geste léger, mais immense.
Et dans les yeux de Samuel,
je vis un éclat de douleur…
et une résignation lente,
celle de ceux qui comprennent que le destin prend parfois des chemins qu’on ne peut retenir.

Ce soir-là,
un triangle d’émotions s’était formé,
fragile, brûlant,
prêt à changer la trajectoire de nos vies.

Épisode 7??? Vous êtes prêts ???

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