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TikTok · Scheldon 🇷🇴 28/05/2026

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23/05/2026

GRAND-GOÂVE ,
ENTRE
ESPOIR ET RÉALITÉ,

MES SOUHAITS AUX NOUVEAUX MAIRES

Chery jean Fedner
Journaliste/ Specialist imaging

Dans un contexte national marqué par l’effondrement des institutions, l’insécurité généralisée, la misère sociale et l’absence de vision étatique durable, la prise de fonction des nouveaux maires de la commune de Grand-Goâve représente à la fois un symbole d’espoir et un immense défi.

Comme beaucoup de citoyens engagés pour le renouvellement de la classe politique, j’ai toujours défendu l’idée de la participation des jeunes dans les affaires publiques. Car une nation qui refuse de faire confiance à sa jeunesse finit souvent par tourner en rond dans les mêmes erreurs, les mêmes pratiques et les mêmes échecs. Les jeunes apportent souvent l’énergie, la créativité et une nouvelle manière de penser l’administration publique.

Cependant, il faut aussi avoir le courage de regarder la réalité en face. Depuis plusieurs années, Haïti traverse une crise multidimensionnelle sans précédent : crise politique, économique, sécuritaire, institutionnelle et morale. Dans un tel climat, aucune administration locale, même animée des meilleures intentions, ne peut espérer réaliser de grands projets structurants sans stabilité nationale, sans ressources et sans accompagnement sérieux de l’État central.

Les collectivités territoriales sont aujourd’hui abandonnées à elles-mêmes. Les mairies fonctionnent dans des conditions extrêmement difficiles, avec des moyens limités, une population en souffrance et un environnement national presque paralysé. Gouverner une commune dans un tel contexte relève davantage du sacrifice que du privilège.

C’est pourquoi, au-delà des divergences politiques ou des débats idéologiques, je souhaite sincèrement une bonne transition aux nouveaux maires de Grand-Goâve. Je leur souhaite du courage, de la sagesse et surtout la lucidité nécessaire pour comprendre les limites imposées par la conjoncture actuelle.

Le peuple de Grand-Goâve n’attend pas des miracles. Il attend surtout de la transparence, du respect, de l’écoute et une administration capable de préserver ce qui peut encore l’être. Dans les périodes de crise profonde, la plus grande réussite d’un dirigeant n’est parfois pas de transformer totalement une ville, mais d’éviter qu’elle ne sombre davantage.

Que cette transition municipale soit donc placée sous le signe du dialogue, de la responsabilité et du sens du devoir envers la population. Car malgré les ténèbres qui enveloppent aujourd’hui le pays, l’espoir demeure encore l’une des dernières richesses du peuple haïtien

20/05/2026
18/05/2026

GRAND-GOÂVE : LE RETOUR DES ANCIENS VISAGES, ENTRE MÉMOIRE POLITIQUE ET DÉSESPOIR COLLECTIF

Dans un pays frappé par l’effondrement économique, la violence armée, la paralysie institutionnelle et la méfiance généralisée envers les dirigeants, une question revient avec insistance : un maire d’une municipalité de 3e catégorie en Haïti peut-il réellement conduire sa ville vers un développement durable ?

La question paraît simple. Pourtant, derrière elle se cache toute la tragédie du système politique haïtien.

Aujourd’hui, Haïti traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Inflation incontrôlable, insécurité chronique, chômage massif, crise éducative, destruction des valeurs collectives, effondrement administratif : l’État semble perdre progressivement sa capacité à gouverner. Dans ce contexte, plusieurs communes du pays survivent dans une précarité extrême, dépendantes d’un pouvoir central lui-même affaibli.

Alors comment une mairie de 3e catégorie, avec des ressources limitées, des recettes fiscales presque inexistantes et une administration souvent fragile, pourrait-elle porter un véritable projet de développement durable ?

La question devient encore plus sensible lorsqu’on observe les rumeurs actuelles autour de la possible nomination d’un ancien maire à la tête de la mairie de Grand-Goâve.

Ce retour potentiel provoque interrogations, inquiétudes et débats au sein de la population. Car beaucoup se souviennent encore des années 2011 et 2012, période où cet ancien maire et son équipe dirigeaient la commune. Pourtant, à cette époque, Haïti ne connaissait pas encore le niveau actuel d’insécurité, ni l’effondrement total des institutions publiques. Malgré un contexte relativement plus stable, les promesses de développement annoncées n’avaient pas produit les résultats espérés.

Au contraire, les tensions populaires avaient atteint un niveau explosif. Les mouvements de protestation, les soulèvements et les accusations de mauvaise gestion avaient finalement conduit à sa destitution sous une forte pression populaire.

Dès lors, une interrogation politique s’impose : comment un ancien dirigeant contesté dans une période moins difficile pourrait-il aujourd’hui réussir dans un contexte national beaucoup plus catastrophique ?

Est-ce un signe de confiance politique ?
Ou bien le symptôme d’une société épuisée qui recycle continuellement les mêmes figures faute d’alternatives crédibles ?

À Grand-Goâve comme dans plusieurs communes haïtiennes, la population semble enfermée dans une forme de répétition politique. Les mêmes acteurs reviennent, les mêmes discours réapparaissent, les mêmes promesses circulent, alors que les conditions du pays empirent chaque année.

Mais au-delà du cas particulier de Grand-Goâve, ce débat révèle une crise plus profonde : celle du leadership local en Haïti.

Le développement durable ne se limite pas à construire quelques infrastructures ou organiser des activités symboliques. Il exige une vision économique, une stabilité institutionnelle, une gestion transparente, une participation citoyenne et surtout une capacité à mobiliser les ressources humaines et financières d’une communauté.

Or, dans beaucoup de communes haïtiennes, les mairies fonctionnent presque sans budget réel. Les citoyens paient rarement les taxes municipales. Les commerces évoluent majoritairement dans l’informel. Les investissements privés sont absents. Les jeunes quittent les provinces. Les cadres intellectuels migrent vers l’étranger ou vers une autre ville.

Dans ces conditions, le maire devient souvent davantage un acteur politique qu’un véritable gestionnaire du développement.

Alors pourquoi certains anciens responsables cherchent-ils encore à revenir au pouvoir municipal ?

La réponse peut être multiple : influence sociale, contrôle politique local, prestige personnel, accès à certaines ressources administratives ou simplement survie politique dans un pays où les espaces de pouvoir se réduisent chaque jour.

Mais une autre question plus brutale surgit dans l’esprit de nombreux citoyens : continuer à croire aux anciennes promesses dans un Haïti presque fermé sur lui-même relève-t-il encore de l’espoir… ou de la misère sociale et psychologique ?

Car la misère ne détruit pas seulement l’économie. Elle peut aussi affaiblir la mémoire collective. Un peuple épuisé par les crises peut finir par accepter ce qu’il rejetait autrefois, non par conviction, mais par manque d’options.

Grand-Goâve devient ainsi le miroir d’un phénomène national : le retour cyclique des mêmes élites locales dans un pays qui peine à renouveler sa classe politique.

Cependant, la véritable urgence dépasse les individus. Le problème fondamental reste l’absence d’un véritable projet national capable de renforcer les collectivités territoriales, de moderniser les administrations communales et de redonner confiance aux citoyens.

Car sans institutions fortes, même le maire le plus compétent restera limité. Mais sans vision nouvelle, même les institutions les mieux financées finiront par échouer.

La question n’est donc pas seulement de savoir qui dirigera Grand-Goâve demain.

La vraie question est peut-être celle-ci : Haïti possède-t-elle encore les conditions nécessaires pour produire un développement local durable, ou les communes sont-elles désormais condamnées à gérer uniquement la survie quotidienne ?

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