Guillaume Ringuette
08/16/2024
Lettre ouverte publiée dans Le Devoir ce matin.
Daniel Turp et moi parlons de performances québécoises, du Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la fédération canadienne et d'autonomie sportive internationale!
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Texte en question :
Qualifiés avec justesse par le président du Comité international olympique (CIO) de « sensationnels », les Jeux de Paris de 2024 ont été l’occasion pour la planète entière d’apprécier les performances de 10 500 athlètes.
Provenant de 206 comités nationaux olympiques, auxquels s’ajoutaient des athlètes individuels neutres et les membres de l’équipe olympique des réfugiés, les athlètes se répartissaient en un nombre égal de femmes et d’hommes, une telle parité s’avérant une grande première dans l’histoire du mouvement olympique.
Pour ceux qui ont suivi de près les performances des 60 athlètes du Québec qui se sont qualifiés pour les Jeux (en tant que membres de la délégation du Comité olympique canadien, qui en comptait 338), il peut s’avérer intéressant de comparer ces performances à celles des athlètes des autres délégations.
Un examen de la liste des médailles permet de constater que quatre médailles individuelles ont été remportées par des athlètes du Québec : Maude Charron (argent, haltérophilie), Ilya Kharun (2 bronzes, natation 100 m et 200 m papillon), Sophiane Méthot (bronze, gymnastique trampoline).
Deux Québécois sont montés sur le podium dans des épreuves d’équipe : Nathan Zsombor-Murray (bronze, plongeon 10 m synchro) et Félix Auger-Aliassime (tennis double). Ainsi qu’une Québécoise, Kasia Gruchalla-Wesierski, qui comptait parmi des huit athlètes de son équipe (argent, aviron).
Pour les fins du classement du Québec, nous lui attribuons donc un total de cinq médailles : les médailles de bronze récoltées par Nathan Zsombor-Murray et de Félix Auger-Aliassime étant comptabilisées comme une seule médaille québécoise ; la médaille d’argent au huit de pointe en aviron étant attribuée au Rest of Canada, dont le nombre total de médailles s’établit donc à 22.
Lorsque l’on effectue un classement en fonction du nombre de médailles par million d’habitants, le Québec se situe au 37e rang mondial (sur 208 délégations) avec 0,55 médaille par million. Cette performance respectable suit de près celle du ROC, qui se placerait au 33e rang avec 0,63 médaille par million d’habitants. Le Québec devance des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, le Japon et la Chine…
Et si l’on comptabilisait au prorata de la population l’ensemble des performances québécoises aux Jeux d’hiver de Beijing en 2022 et aux Jeux d’été de Paris de 2024, le Québec arrive au 15e rang ; le Rest of Canada, au 21e rang.
Participation québécoise
L’avenir du Québec aux Jeux olympiques repose principalement sur la qualité des performances de ses athlètes et leur qualification pour les Jeux. Mais la taille du contingent québécois n’est pas à négliger.
Est-il normal que les athlètes du Québec ne comptent que pour 17,2 % de la délégation canadienne à Paris, alors que la population du Québec représente 22 % de la population du Canada ? Est-il acceptable que les équipes comptent un nombre restreint — parfois négligeable — d’athlètes provenant du Québec ?
En comparant par ailleurs la taille de la représentation québécoise à celle des pays comportant un nombre similaire d’habitants, on constate que le nombre de 60 athlètes est bien inférieur à celui de la Hongrie (180 pour 10 millions), de la Suède (128 pour 10,7 millions), de la Tchéquie (111 pour 10,5 millions), de la Grèce (101 pour 10,3 millions), d’Israël (85 pour 9,3 millions), de l’Autriche (81 pour 8,9 millions) et du Portugal (73 pour 10,2 millions). Ce constat met en lumière l’important re**rd de représentation québécoise aux Jeux.
Une grande réflexion sur l’avenir du sport québécois doit avoir lieu. Le Québec a-t-il tous les moyens actuellement pour faire rayonner ses athlètes dans le cadre des Jeux olympiques et des autres grandes compétitions sportives internationales ? Le Québec a-t-il été représenté sur le plan sportif — ou pourrait-il mieux l’être — dans le cadre canadien ?
Des questions auxquelles le Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la fédération canadienne, qui est invité à s’intéresser à la « capacité du Québec de parler de sa propre voix à l’international, non seulement dans tous les domaines qui relèvent de sa compétence, mais également sur d’autres sujets d’intérêt pour la nation québécoise », pourrait d’ailleurs vouloir répondre et sur lesquelles il devrait certainement se pencher.
Une autonomie sportive internationale accrue — et davantage encore l’accession à l’indépendance — permettra au Québec de se distinguer davantage encore aux prochains Jeux olympiques et de gravir, selon nous, plusieurs rangs au palmarès des médailles.
L’atteinte de ces objectifs dépendra aussi du modèle qui sera mis en place afin de soutenir le développement des athlètes, mais aussi, d’une manière plus large, celui de la pratique sportive.
L’application d’un tel modèle est susceptible de conduire à l’adoption de mesures qui permettront à des athlètes de représenter fièrement le Québec lors des prochains Jeux olympiques et de dire haut et fort, au nom du Québec, « Citius, Altius, Fortius — Communiter » (« Plus vite, plus haut, plus fort — ensemble »).
08/13/2024
04/14/2024
Ma face quand qu'on me dit que le Québec n'est pas capable d'avoir ses équipes nationales... 😉
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